Après une légère amélioration l'année précédente, le nombre de mariages en Chine s'est effondré à nouveau. Moins de 1,7 million d'unions ont été enregistrées au premier trimestre, un chiffre historiquement faible pour cette période. Ce nombre réduit est deux fois inférieur à celui d'il y a dix ans, un reflet inquiétant pour l'avenir démographique du pays.
Ces données sont particulièrement importantes car elles préfigurent une baisse continue des naissances. Malgré les incitations financières, comme des primes pour favoriser la natalité, le gouvernement peine à inverser la tendance. Des mesures radicales, comme la taxation des contraceptifs, montrent à quel point cette question préoccupe les autorités.
Cette dynamique de vieillissement, observée également en Occident, est exacerbée par la lenteur de la croissance économique et une hausse du chômage, notamment chez les jeunes diplômés. Selon des études du South China Morning Post, le taux de chômage chez les moins de 25 ans dépasse désormais 16 %.
La population chinoise, qui compte actuellement 1,4 milliard d'habitants, est en déclin. L'Institut Rhodium prévoit une perte de 60 millions d'habitants d'ici quinze ans, un chiffre qui pourrait modifier la pyramide démographique du pays. Le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus va exploser, passant de 300 millions aujourd'hui à plus de 400 millions d'ici 2035.
Des pressions financières lourdes
Les décideurs politiques font face à un double défi : maintenir le niveau de vie des retraités tout en assurant la viabilité du système de retraite. Une étude récente du CEPR souligne l'urgence de réformer le système avant qu’il ne s’effondre.
Le système est déjà sur une trajectoire risquée. Une évaluation de l'Fonds monétaire international indique que les dépenses de retraite pourraient diminuer de plus de 3 % du PIB d’ici 2050, mais les coûts restent élevés.
Une différence de 1 à 15
La dichotomie entre les pensions des travailleurs urbains, qui touchent en moyenne 485 euros par mois, et celles des ruraux, à seulement 31 euros, met en lumière les inégalités du système. Cette disparité est de plus en plus critiquée, les agriculteurs et les ouvriers ayant contribué de manière significative à l’économie.
Des parlementaires proposent des réformes pour améliorer la situation des retraités ruraux, comme des allocations provenant des taxes sur le tabac. Cependant, les récentes annonces de réformes budgétaires n'offrent que des augmentations minimes des pensions, de l'ordre de 20 yuans par mois.
"Bien que le discours sur la 'prospérité partagée' soit omniprésent, les inégalités persistent et sont souvent ignorées par l'État", explique Zichen Wang, chercheur au Centre pour la Chine et la mondialisation.
Les transferts sociaux en Chine représentent actuellement seulement 13 % du PIB, bien inférieur aux normes européennes qui s’élèvent à environ 30 %. Ces chiffres mettent en lumière les défis persistants, à la fois en termes d’équité et de développement économique.
Finalement, tant que la priorité sera donnée à l’industrie et non aux besoins des ménages, le système de retraite en Chine continuera à se heurter à de sérieux obstacles, laissant dans l’incertitude les retraités des zones rurales.







