L'Inde a officiellement annoncé l'achèvement de la construction d'un tunnel routier sous les majestueuses montagnes de l'Himalaya, liant ainsi la région disputée du Cachemire à celle du Ladakh, une zone frontalière avec la Chine. Ce tunnel, d'une longueur de plus de 13 km et coûtant environ 712 millions de dollars, sera opérationnel en hiver, lorsque la route actuelle est souvent bloquée par la neige.
Plus de 3 000 travailleurs ont été mobilisés pour réaliser cet ouvrage, le plus long jamais construit en Inde. Ce projet revêt un caractère stratégique majeur, comme l’a souligné le ministre des Routes, Nitin Gadkari, en le qualifiant de "lien d'une importance vitale" lors d'une cérémonie de célébration.
Un contexte géopolitique tendu
La frontière disputée de 3 500 km entre l'Inde et la Chine est le théâtre de tensions fréquentes. Ces deux pays, les plus peuplés du monde, rivalisent pour exercer leur influence en Asie. En 2020, un incident militaire dans la région a fait des victimes des deux côtés, exacerbant les tensions. Le Cachemire, majoritairement musulman, est au cœur d'un conflit ancien entre l'Inde et le Pakistan, qui date de l'indépendance en 1947.
Une fois relié à la ligne de train de 272 km inaugurée l'an dernier, le tunnel de Zojila facilitera également le contrôle militaire dans cette zone délicate, où prés de 500 000 soldats indiens sont déployés. Ce tunnel est donc perçu comme un outil logistique essentiel pour l'armée indienne, renforçant sa capacité à réagir rapidement face à tout développement aux frontières, notamment en ce qui concerne les enjeux stratégiques liés à la Chine.
Des experts en stratégie géopolitique estiment que cette infrastructure pourrait transformer la dynamique de la région et renforcer la posture défensive de l'Inde. "Ce tunnel n'est pas seulement un projet d'infrastructure, mais un symbole de la volonté de l'Inde de revendiquer sa souveraineté face aux défis extérieurs", a déclaré un analyste de l’Institut indien des études stratégiques.







