Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation et président de l'Institut des Amériques, a récemment partagé son expertise sur le Venezuela lors d'un entretien sur franceinfo. Suite à l'arrestation surprise du président Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines, Blanquer a qualifié cette opération d'audacieuse. Il a déclaré : "D'un point de vue strictement militaire, elle a été techniquement réussie", bien que cela ait entraîné des pertes humaines significatives du côté vénézuélien, avec des rapports évoquant entre 40 à 50 victimes.
Blanquer souligne que cette intervention s'inscrit dans une volonté des États-Unis de retrouver leur influence en Amérique latine, une dynamique qui a faibli au cours des dernières décennies. En effet, rares sont les interventions militaires directes des États-Unis en Amérique du Sud, lesquelles se sont davantage produites en Amérique centrale ou dans les Caraïbes. Cette récente action représente donc une rupture par rapport à la tradition historique de l'interventionnisme américain.
Gilles Bornstein, également présent lors de l'entretien, a soulevé la question de savoir si cet événement pouvait être considéré comme un véritable coup d'État. Blanquer a précisé qu'il s'agissait d'un coup de force externe et non d'un coup d'État interne, insistant sur le fait qu’il sera difficile pour les États-Unis de renverser durablement Maduro sans une stratégie claire pour la transition. Cela pose également un défi à Donald Trump, qui doit réfléchir aux conséquences de son action.
La situation au Venezuela reste complexe, avec une forte présence du chavisme dans le tissu social et militaire du pays. Les observateurs notent que même si une majorité des Vénézuéliens semblent opposés à Maduro, l'idée d'une transition pacifique est essentielle pour éviter une polarisation de la société. Cette analyse est corroborée par les réflexions de diplomates en Europe qui appellent à une collaboration entre pays latino-américains pour résoudre cette crise.
Alors que Trump semble opter pour un soutien à la vice-présidente actuelle, les experts suggèrent que des initiatives diplomatiques devraient être mises en avant. Par exemple, les gouvernements du Brésil et du Mexique ont récemment pris des pas en ce sens, cherchant à promouvoir une transition démocratique. Selon Blanquer, il est crucial que la France et l'Europe contribuent à cette dynamique, préférant une approche qui respecte la légitimité démocratique.
Les implications géopolitiques de cette situation sont également significatives. Blanquer a mentionné les intérêts chinois, évoquant que le pétrole vénézuélien, bien que précieux, représente une fraction relativement faible des approvisionnements de la Chine. Les investissements chinois dans le pays complicent davantage la donne, insistant sur la nécessité d'une stratégie équilibrée qui prend en compte toutes les parties prenantes.
Dans ce contexte, une question demeure : quel sera le futur immédiat du Venezuela après cette intervention ? Alors que la situation évolue rapidement, il est essentiel de suivre de près les développements, notamment à travers les analyses d'experts et les décisions diplomatiques qui se dessinent.







