Le gouvernement d'Abu Dhabi a récemment annoncé une réduction significative des financements accordés à ses étudiants désireux d'étudier dans les universités britanniques. Cette décision résulte, selon les autorités émiraties, de la gestion jugée insuffisante de l'islamisme par le Royaume-Uni, en particulier face aux Frères musulmans et à leur influence croissante sur les campus.
Cette mesure s'inscrit dans un contexte de tensions grandissantes entre les deux nations, traditionnellement alliées. En juin dernier, le ministère de l’Enseignement supérieur des Émirats a publié une liste des établissements dont les diplômes seraient reconnus et les bourses validées, excluant le Royaume-Uni et incluant des pays comme les États-Unis, la France et Israël. Cette omission a suscité l'inquiétude et l'interrogation du gouvernement britannique, qui argue que la liberté académique doit primer.
Les Émirats craignent que leurs étudiants ne soient exposés à des idéologies radicales en milieu universitaire. Selon une enquête récente, le nombre d'étudiants signalés pour des cas de"radicalisation islamiste" a doublé par rapport à l'année précédente. Comme l'indique le Financial Times, cette décision met en exergue une volonté d'Abu Dhabi de contrecarrer toute forme de radicalisation sur son territoire.
Le climat diplomatique s'est envenimé depuis le Printemps arabe de 2011, période durant laquelle les Émirats ont intensifié leurs efforts pour contrer l'influence des Frères musulmans. À cet égard, le Premier ministre britannique Keir Starmer avait promis un "examen attentif" de cette mouvance, mais les Émirats demeurent sceptiques quant aux engagements britanniques.
Au-delà des tensions liées aux bourses d'études, d'autres frictions apparaissent. Les Émirats ont récemment tenté de racheter le quotidien britannique The Daily Telegraph, ce qui a été perçu comme une ingérence dans les affaires médiatiques britanniques. De plus, la propriété émiratie de Manchester City illustre les complexités des relations entre les deux pays.
Face à cette situation, la montée du populisme au Royaume-Uni, notamment avec des figures comme Nigel Farage promettant d'interdire les Frères musulmans, complique davantage le paysage politique. Alors que les tensions s'intensifient, l'avenir des relations entre les Émirats et le Royaume-Uni semble incertain.







