Sébastien Lecornu s'apprête à prendre la parole ce vendredi en fin de journée depuis l'hôtel de Matignon, avec des propositions en vue d'un compromis sur le budget. Ce moment est crucial alors que les débats budgétaires sont suspendus et la menace d’une censure pèse sur le gouvernement.
Le Premier ministre navigue dans une période délicate, cherchant à établir un accord avec le Parti Socialiste (PS) afin d’éviter une adoption du budget par le biais du 49.3 ou d'une ordonnance. Selon des sources proches de Matignon, Lecornu a jusqu'à mardi pour décrocher un consensus qui apaisera les inquiétudes à l’Assemblée nationale.
Le climat se durcit, avec des accusations lancées par la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, qui dénonce les « saboteurs » à l’Assemblée, faisant référence à La France Insoumise et au Rassemblement National. « Nous avons donné toutes ses chances au débat », a-t-elle affirmé lors d’une interview sur France 2.
Les débats avaient déjà été suspendus mardi dernier en raison de l’impossibilité d’obtenir un vote sur le budget de l'État. Comme le rappelle le journal Le Monde, la situation actuelle pourrait mener à des élections législatives anticipées, si le gouvernement venait à être renversé. Cela aurait des répercussions majeures, coïncidant possiblement avec les élections municipales des 15 et 22 mars.
Sur le plan des propositions fiscales, le gouvernement envisage la possibilité de réintégrer une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises pour soutenir les collectivités locales. Ce changement de cap répond à une demande croissante, alors qu'un amendement précédent sur le sujet avait été rejeté par l’Assemblée nationale. L'objectif affiché par Matignon est de réduire le déficit à 5 % du PIB, alors qu'il est actuellement de 5,3 %.
Les discussions devraient reprendre mardi après-midi. Les prochaines heures seront décisives pour le gouvernement, qui devra choisir entre maintenir le cap sur les réformes ou opter pour un repli stratégique.







