Le 9 juin, enseignants et accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) de l'école primaire Jean-de-la-Fontaine ont organisé une grève pour revendiquer un meilleur accompagnement des élèves aux besoins spécifiques. Le soutien de nombreux élus témoigne de la gravité de la situation.
« On en a gros sur la patate », confie une enseignante. L'école, qui accueille 186 élèves, devient un symbole des difficultés rencontrées par de nombreux établissements face à un manque de ressources pour garantir l'inclusion d'enfants en situation de handicap. Les syndicats, présents lors du piquet de grève, soulignent un malaise partagé : « L'inclusion se fait sans les moyens nécessaires. »
Une situation alarmante
La détresse est palpable ; le 5 juin, un incident impliquant un élève suivi pour des troubles spécifiques a nécessité l'intervention des pompiers. Bien que le rectorat affirme qu'il n'existe pas de lien direct entre cet événement et le manque de supervision, la maire, Corinne Laulan, insiste sur le besoin d'un environnement apaisé pour chaque enfant : « Nous menons les enfants à la limite de l'exclusion. »
« Si des moyens ne sont pas mis en appui, nous ne pourrons pas continuer. Cela met les enfants en souffrance. »
Corinne Laulan a déclaré son intention d'écrire au ministre de l'Éducation nationale pour faire part de la grève et de ses demandes de soutien. Les parents, inquiets pour la sécurité de leurs enfants, ont également exprimé leurs préoccupations lors de la manifestation. Tiffany Fellahi, dont le fils est scolarisé à l'école, a déclaré : « Je crains d'apprendre qu'il est à l'hôpital suite à un incident. »
Un appel à l'action
Les témoignages des enseignants révèlent un climat pesant, avec plusieurs d'entre eux en arrêt maladie récemment, qualifiant cela d'« accidents du travail ». Christoph Otharan, représentant du pôle école à la CGT Éducation, dénonce la maltraitance à laquelle sont soumis à la fois les enseignants et les élèves. « Nous ne pouvons pas attendre qu'un grave accident survienne pour que les moyens nécessaires soient enfin accordés », alerte-t-il.
Le rectorat a répondu aux inquiétudes, indiquant suivre la situation de près et assurant que des mesures sont mises en place pour soutenir l'école. Toutefois, la réalité vécue par le personnel éducatif et les parents semble démontrer un fossé inquiétant entre les promesses et la réalité sur le terrain.







