Des journées consécutives à plus de 30 degrés et l'absence de pluie : les producteurs de blé de Charente-Maritime commencent à s'inquiéter pour la qualité de leurs moissons. Les récoltes prévues dans un mois se présentent sous de mauvais auspices, les grains risquant d'être de petite taille et donc déclassés, entraînant une baisse des revenus pour les agriculteurs.
Au coeur de ce phénomène, la Charente-Maritime endure les effets du dôme de chaleur, installation climatique qui impacte fortement la France. À un mois des moissons, c'est un travail de huit mois qui pourrait être compromis. La période de sécheresse persistante s'annonce préoccupante, menaçant d'altérer la qualité du blé.
Yves Rouzeau, qui cultive des céréales entre La Rochelle et Rochefort depuis quarante ans, témoigne des difficultés accrues dues aux caprices météo exacerbés par le changement climatique. Cette année, le blé couvre 30 % de ses surfaces, mais l'agriculteur craint pour sa récolte : "Avant, après de fortes chaleurs, un orage venait tempérer la situation, c'est devenu rare."
"On est à sept kilomètres de la mer et on manque d'eau"
Actuellement, aucune goutte de pluie n’est à l’horizon, et cela inquiète particulièrement Rouzeau. "On est à sept kilomètres de la mer et on manque d'eau," confie-t-il avec un sourire amer. Il anticipe une détérioration inévitable des récoltes : "Parti comme c'est, le blé ne sera pas de bonne qualité. Les grains vont finir tous petits et ne correspondra pas aux normes de qualité attendues. Nous serons contraints de le classer en blé fourrager au lieu de blé meunier," quatre pour l'alimentation humaine. "Ce n’est pas la même valeur pour les animaux," souligne-t-il, conscient des enjeux économiques.
Face à cette situation préoccupante, se superposant à d’autres saisons délicates, Yves Rouzeau remet en question l’avenir de sa culture : "On va devoir changer de méthode, et peut-être abandonner le blé dans les années à venir."







