À partir du 16 avril 2026, l'accès au finastéride (Propecia, Proscar) en pharmacie exigera une ordonnance accompagnée d'une attestation signée par à la fois le médecin et le patient. Cette mesure illustre une tendance française à complexifier l'accès aux médicaments, souvent sous prétexte de précaution.
Un traitement largement reconnu
Utilisé pour traiter l'hypertrophie bénigne de la prostate et la calvitie, le finastéride est administré dans le monde entier depuis près de 30 ans. La substance, développée par le laboratoire américain Arrow, réduit la production de dihydrotestostérone (DHT) et a transformé le traitement des troubles capillaires. Environ un homme sur deux observe une repousse des cheveux, selon divers études menées, incluant des travaux de l’ANSM.
Ses effets secondaires, bien qu'ils soient remarqués chez moins d'un patient sur cent, incluent des troubles de l'érection, une diminution de la libido et des symptômes dépressifs. Ces informations, mises à jour dans la notice en 2025, encadrent désormais son utilisation en France.
Réaction à des études notables
En septembre 2025, une étude parue dans The Journal of Clinical Psychiatry, dirigée par le professeur Mayer Brezis de l'Université hébraïque de Jérusalem, a mis en lumière des liens entre le finastéride et des troubles psychiatriques. Cela a conduit à la mise à jour des recommandations de l’ANSM, qui a exigé des mesures renforcées à travers les États membres de l'Union Européenne. Ce rehaussement des normes inclut l'introduction de cartes patients pour sensibiliser davantage sur les potentiels effets secondaires.
L’exception française
Contrairement aux recommandations européennes, l’ANSM a imposé des règles plus strictes en France. Dès avril 2026, tous les patients devront fournir une attestation d'information signée pour toute première délivrance de finastéride 1 mg. Ce document doit être renouvelé chaque année, augmentant ainsi le fardeau administratif tant pour les médecins que pour les patients.
Ce changement vise à garantir que le patient est conscient des risques inhérents au médicament, mais certains professionnels, comme un médecin qui a souhaité garder l'anonymat, critiquent cette bureaucratisation. "Cela commence avec le finastéride", souligne-t-il, "et on peut s'attendre à ce que ce soit le début d'une cascade de nouvelles normes".
Face à une telle complexité administrative, les patients se trouvent nouvellement contraints à jongler avec des documents supplémentaires pour accéder à un traitement qui, rappelons-le, n'est pas remboursé par l'Assurance maladie. En somme, alors que l'intention derrière cette nouvelle réglementation vise une meilleure information, elle peut paradoxalement contribuer à une expérience encore plus stressante pour les patients.







