Jean-Luc Longour, le maire de Cannet-des-Maures, ne cache pas son agacement vis-à-vis des projets de La Poste. Il accuse l'entreprise de vouloir réduire la présence postale dans sa commune, invoquant des motifs de rentabilité. Cette critique est cependant balayée par La Poste, qui affirme ne jamais avoir envisagé la fermeture du bureau local.
Pour la dix-huitième fois depuis le début de son mandat, l'élu, sans étiquette politique, se voit contraint de protéger le bureau de poste contre une nouvelle menace de fermeture. Lors d'une rencontre récente avec des représentants de La Poste, il a été questionné sur les perspectives financières de l'agence, que la direction juge insuffisantes.
Dans un témoignage accordé à ICI Provence, le maire a déclaré : "Si dans ma commune je rends service à 130 personnes tous les jours, je pense que je fais le job." Il trouve par ailleurs « grotesque » l'argument de rentabilité avancé par La Poste, arguant que l'entreprise semble davantage penser en termes de marché que de service public.
Une possible réduction des horaires d'ouverture ?
La direction de La Poste a confirmé que lors de cette réunion, la baisse de fréquentation du bureau a été évoquée, avec une estimation d'une chute de près de 40 % entre 2022 et 2025. La possibilité de réduire les horaires d'ouverture a ainsi été discutée, précise La Poste, en assurant qu'aucune fermeture n'est à l'ordre du jour.
Cependant, Longour considère cette réduction d'horaires comme une menace cachée pour le maintien du service. "La Poste organise la baisse de fréquentation en diminuant les heures d'ouvertures… ce qui à terme pourrait justifier la fermeture du bureau," explique-t-il.
À ce jour, aucune décision définitive n’a été prise par La Poste concernant le bureau de Cannet-des-Maures. Néanmoins, Longour reste ferme dans ses intentions : "Pour la dix-huitième fois, je refuse de fermer mon bureau de poste."
Un cri de balise contre la désertification des services publics
Au-delà de la question postale, le maire dénonce un recul général des services publics. Il souligne, par exemple, la fermeture récente de la maison médicale de garde dans sa commune et le refus de l'Agence régionale de santé d'approuver un projet pour un centre de radiologie.
Pour Longour, ces décisions mettent en péril l'attractivité des centres-villes : "Il y a 18 ans que je suis élu, et malgré nos efforts, on nous plante des banderilles dans le dos... Si on me donne les moyens, je pourrais éviter ces fermetures et maintenir des services essentiels au sein de notre commune. Stop, stop !"







