Les préoccupations autour de la surmortalité par cancers continuent de croître à Saint-Nazaire, malgré les assurances des services de l'État qui concluent à l'absence de lien avéré avec les activités industrielles. Une réunion publique a réuni plus d'une centaine d'élus, de syndicalistes et d'habitants, marquée par un sentiment général d'inquiétude.
Selon les chiffres officiels, l'espérance de vie à Saint-Nazaire est en amélioration, mais la surmortalité par cancers des hommes de moins de 65 ans reste alarmante, dépassant de 39% la moyenne nationale. Les services d'État, notamment Santé Publique France, affirment que le lien de causalité entre la présence industrielle et la santé de la population serait introuvable.
Lisa King, déléguée territoriale de Santé Publique France, a indiqué que "des études épidémiologiques de longue haleine seraient nécessaires pour établir un lien", tout en précisant "qu'il est essentiel d'agir". Néanmoins, ces conclusions n'ont pas suffi à apaiser les inquiétudes des riverains, notamment parmi les associations et les syndicats, qui ont exprimé leur scepticisme sur les méthodes employées pour l'étude.
Une étude épidémiologique contestée
La récente étude de Santé Publique France, portant sur 42 bassins industriels, a révélé des indices de risques accrus d'asthme et de morbidité respiratoire, sans établir cependant de lien direct avec les activités polluantes. Malgré cela, l'établissement de la causalité reste un défi, et des recommandations pour un dépistage individuel des populations à risque ont été avancées.
Les données de l'étude de zone, lancée en 2021 pour examiner la qualité de l'air à Saint-Nazaire et dans des communes environnantes, ont également suscité des controverses. Le rapport mentionne des dépassements de certaines particules, mais les services de l'État soutiennent que la majorité des normes sont respectées.
Inquiétudes environnementales persistantes
Malgré la présence de polluants tels que le cobalt et le plomb, la direction régionale de l'environnement insiste sur le fait que ces contaminants seraient anciens et sans lien avec les activités industrielles actuelles. Toutefois, cela n'a pas arrêté les débats. Des inspections régulières ont révélé que la zone de Brais, à la périphérie de Saint-Nazaire, nécessite une attention particulière en raison de la présence de cobalt.
Didier Hotte, un ancien ingénieur et militant, a exprimé son scepticisme face à l'affirmation que les niveaux de pollution seraient "acceptables" : "Il n'existe pas de seuil de sécurité en matière de santé publique. Chaque contaminant doit être considéré, indépendamment des normes établies".
Un appel à la vigilance
Le député Matthias Tavel a dénoncé "l'effet cocktail des polluants", soulignant que même une absence de causalité vérifiée ne doit pas mener à l'inaction. La multitude d'industries concentrées à Saint-Nazaire nécessite une surveillance accrue.
Les services de l'État promettent une inspection rigoureuse des installations industrielles, avec déjà 230 contrôles effectués depuis 2022. Cependant, la confiance du public demeure entachée, alors que les habitants se battent pour des mesures de protection plus concrètes et transparentes.







