«J’ai perdu mon emploi, tous mes droits sociaux» : Marie, mère de trois enfants vivants en France depuis plus de dix ans, raconte la tourmente engendrée par le retard de renouvellement de son titre de séjour. Comme Marie, des milliers d’étrangers en situation régulière sont aujourd'hui sans papiers, victimes de dysfonctionnements administratifs.
Son ultime recours : la justice administrative. “J'ai essayé d'appeler et d'écrire, mais aucune réponse”, explique Marie, dont l’application a été déposée deux mois avant l'expiration de son titre de dix ans, ce qui a conduit à la perte de son emploi dans l'hôtellerie à Marseille. Sans revenu, elle se retrouve dans une situation critique, dépendant des cantines scolaires pour nourrir ses enfants.
«930 000 dossiers en attente»
D'après le rapport de la Défenseure des droits pour 2025, un afflux de demandes a engendré la saturation des services préfectoraux. Actuellement, 930 000 dossiers sont en attente, entravant des vies pourtant en règle. En mai, le Conseil d’État a exhorté le gouvernement à résoudre les défaillances systémiques, notamment à travers des clarifications sur les récépissés, indiquant que les dossiers sont en cours d'examen.
«Le manque de personnel et la complexité des demandes expliquent une situation insoutenable», affirme Simon Imbert-Vier, militant à la Cimade. Pour appréhender ces problèmes, des manifestations se tiennent à Marseille et dans d'autres villes, animées par le collectif Bouge ta Pref.
Une charge accrue pour les tribunaux
D'un autre côté, la démarche administrative s'alourdit avec des contraintes sécuritaires. L'avocate marseillaise Anaïs Leonhardt observe déjà un tribunal administratif débordé, avec trois fois plus d'injonctions au préfet qu'en 2025.
Amnesty International a récemment appelé à une réforme, pointant du doigt la «précarité administrative», source de souffrances mentales allant de l'anxiété aux pensées suicidaires. Elena, une Américaine, a vu son emploi retardé par des démarches administratives complexes qui lui ont causé une détresse psychologique immense. Comme elle, beaucoup craignent qu'un retard supplémentaire n'enlève leurs chances de stabilisation.
Alors que le ministère de l’Intérieur projette un plan pour remédier à cette crise, la réalité pour ces familles reste inchangée, rendant leur situation encore plus précaire.







