L'agence régionale Ciclic, dédiée à la promotion de la culture et de l'image, a établi un impressionnant centre de conservation à Issoudun. Ce lieu abrite plus de 26 000 films, tant amateurs que professionnels, qui capturent l'esprit et les récits des habitants du Centre-Val de Loire.
Agenouillé devant deux cartons fraîchement ouverts, Jean-Benoît Pecheberty révèlera avec émerveillement les pépites découvertes. “Espagne 76, mariage de Guillaume, Légoland, Autriche 71”, énumère-t-il, reconnaissant que ces souvenirs lui ont été confiés récemment par les descendants d'un couple passionné de cinéma.
Pour Jean-Benoît, la première étape de ce vaste projet consiste à inventorier, suivi de la conservation, avant de numériser les œuvres. “Les films sont un précieux héritage. Nous veillons à leur sauvegarde en les conservant dans des conditions optimales. Les pellicules sont stockées à 12 degrés Celsius, tandis que les cassettes VHS sont maintenues à 16 degrés. Nous espérons qu'elles pourront durer jusqu'à 500 ans”, précise-t-il.
Léonie Pessey-Magnifique, responsable de la numérisation, veille avec minutie à restaurer et coloriser les films pour leur redonner vie. Une fois ces éléments numérisés, ils sont accessibles gratuitement sur le site Mémoire de Ciclic, avec plus de 14 400 films déjà numérisés.
Olivier Fourel, en parallèle, plonge dans l'analyse des contenus pour dater et localiser chaque scène. “J'utilise des outils comme Google Maps et contacte des spécialistes pour aider à la recherche. Ça rend le processus encore plus passionnant”, dit-il.
Les films ne sont pas seulement préservés ; ils vivent aussi à travers divers événements publics tels que des ciné-conférences, des lectures et des projets pédagogiques, permettant ainsi aux nouvelles générations de découvrir ces récits oubliés. “Chaque année, nous accueillons entre 500 et 1 000 nouveaux films. Chacun a son propre trésor à partager”, conclut Rémi Pailhou, responsable du patrimoine.
Des films comme le retour des Poilus à Châteauroux en 1919 ou encore l'unique enregistrement du camp d'internement de Douadic en 1943 soulignent l'importance de cette archive.
Chaque film conserve une part de notre histoire, inscrivant de manière indélébile les témoignages de ceux qui ont vécu ces moments. C'est un appel à tous : vos souvenirs méritent d’être conservés. Le projet de Ciclic ne fait que commencer, et chaque participation enrichira ce précieux patrimoine.







