Une étude rendue publique mardi par le service statistique du ministère de l'Éducation révèle que le harcèlement scolaire touche 4% des collégiens, 3% des écoliers et 2% des lycéens. Ces résultats sont le fruit d'un questionnaire d'auto-évaluation, incluant pour la première fois la possibilité pour les élèves de fournir leur nom, ce qui donne une nouvelle dimension aux données recueillies.
Ce questionnaire a été réalisé à l'occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire en novembre 2025. La direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) précise que, contrairement aux années précédentes où la participation était anonyme, les élèves ont pu choisir de s'identifier, ce qui pourrait avoir influencé les réponses.
Les experts de la Depp soulignent que cette modification de protocole a pu induire un changement dans les comportements d'auto-évaluation, entraînant une diminution apparente des cas de harcèlement par rapport à 2024, où les taux variaient de 1% à 2%. Mais les résultats mettent également en lumière un constat inquiétant : les garçons et les filles sont affectés de manière similaire par cette problématique.
Des disparités notables existent selon la filière au lycée. En effet, les élèves en deuxième année et en troisième année de CAP sont jusqu'à huit fois plus susceptibles d'être victimes de harcèlement (9% contre 1% pour les première et terminale). Par ailleurs, l'étude signale que 13% des élèves du primaire, 6% des collégiens et 5% des lycéens se trouvent dans des situations à “surveiller” en matière de dégradation de la vie scolaire.
Ce recueil de données a été effectué dans 678 établissements, permettant d'analyser 33 240 questionnaires, un travail poussée qui intègre des échantillons représentatifs. La Depp conduit cette étude dans le cadre d'un plan interministériel de lutte contre le harcèlement scolaire, une mission d'une importance cruciale pour l'avenir des jeunes en France.
Il est essentiel de noter que les chiffres obtenus sont bien en deçà des estimations fournies par d'autres recherches. Par exemple, une étude réalisée par Santé publique France et publiée en janvier déclare que plus de 16% des enfants de 6 à 11 ans pourraient être victimes de harcèlement scolaire, révélant ainsi l'ampleur d'un phénomène qui mérite toute notre attention.







