L’heure du bilan. Suite à l’annonce des dernières mesures budgétaires de 2022, les économistes analysent le bilan fiscal et social des actions entreprises durant le quinquennat d'Emmanuel Macron. Une étude publiée le 16 novembre par l’Institut des politiques publiques (IPP), un organisme de recherche associé à l’École d’économie de Paris, révèle que, bien que les baisses d’impôt aient touché une majorité de Français, les plus favorisés ont indéniablement été les plus gagnants.
Une manne de 24 milliards d’euros
Les mesures fiscales cumulées durant ces cinq années ont accru le niveau de vie des ménages, créant un surplus global dépassant 24 milliards d’euros pour l’ensemble des Français. Cependant, cette répartition n’est ni équitable ni homogène. Contrairement aux affirmations de Bercy, qui revendique une hausse de 4 % pour les ménages modestes, l’IPP souligne que les 5 % des Français les plus pauvres ont même subi une baisse de leur niveau de vie. Exonérés de la taxe d’habitation, ces ménages ont été pénalisés par l’augmentation de la fiscalité sur le tabac et les carburants, sans voir leurs retraites indexées à la hausse.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes
Pour les 95 % restants de la population, la tendance est plus claire. Le niveau de vie des ménages modestes a progressé d'environ 2 %, alors que les classes moyennes ont vu une augmentation comprise entre 1,3 % et 1,8 %. En revanche, les ménages les plus riches, représentant 1 % de la population, ont bénéficié d'une hausse de 2,8 %. D’autant plus, au sein de cette catégorie, le décile le plus riche a largement profité des mesures grâce à la suppression de l’ISF et à la mise en place de la flat tax sur les revenus du patrimoine. L’IPP ne se limite pas à un simple pourcentage ; elle traduit ces données en euros : les moins précaires n'ont vu qu'une perte marginale, alors que les ménages les plus aisés ont gagné plus de 3 000 €.
Une politique biaisée par la situation professionnelle
Cet examen confirme que le quinquennat a principalement favorisé les ménages aisés. Selon Brice Fabre, économiste à l’IPP, « Les effets sont très concentrés sur le dernier centile ». Cependant, d'autres facteurs, comme les revenus d'activité, jouent un rôle déterminant. La hausse de la prime d’activité et le passage d'une politique de baisse des cotisations à une augmentation de la CSG ont accentué les gains pour les salariés. En moyenne, les ménages actifs constatent une hausse de 3,5 % de leur niveau de vie. Néanmoins, les ménages sans revenus d'activité, notamment certains retraités, voient leur situation retomber.
Les actions fiscales du quinquennat
Les baisses d’impôts durant ce mandat totalisent plus de 28 milliards d’euros. Parmi les mesures clés figurent la suppression de la taxe d’habitation (17,5 milliards d’euros), la baisse de l’impôt sur le revenu (5,4 milliards) et la défiscalisation des heures supplémentaires (3,6 milliards). En parallèle, la fiscalité a été accrue sur les carburants (2,4 milliards) et le tabac (2,3 milliards). Du côté des prestations sociales, la prime d’activité a été majorée de 2,7 milliards d’euros, alors que la sous-revalorisation des retraites en 2019 et 2020 a constitué une mesure d’économie de 3,4 milliards d’euros.







