Le budget de la Sécurité sociale, dévoilé le 14 octobre, introduit des modifications pour les retraites des mères de famille. Ces mesures visent à rehausser les pensions et offrir la possibilité d'un départ anticipé dans certains cas.
Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la suspension de la réforme des retraites de 2023 jusqu'à l'élection présidentielle de 2027. Ce même jour, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) a été présenté, contenant des initiatives conçues pour améliorer la situation des femmes retirant des pensions. Ces propositions résultent des discussions ayant eu lieu avant l'été entre les partenaires sociaux.
Plus de femmes intégreront le dispositif carrière longue
Pour illustrer cette avancée, considérons une mère de deux enfants, née en 1963 et ayant commencé à travailler avant ses 20 ans. Avec 168 trimestres cotisés et 16 trimestres supplémentaires pour ses enfants, elle totalise 184 trimestres, dépassant le seuil nécessaire pour une retraite anticipée. Cependant, deux de ces trimestres étant non cotisés, elle ne peut pas bénéficier de ce dispositif. Le PLFSS prévoit désormais que deux de ces trimestres pour enfants soient considérés comme cotisés, permettant ainsi de donner une seconde chance à des femmes qui, sans cela, resteraient exclues.
D'après les prévisions gouvernementales, cette mesure, qui devrait entrer en vigueur en 2026, permettra à 3 % des femmes nées en 1970 de partir plus tôt à la retraite. Néanmoins, certains experts notent que limiter le nombre de trimestres à deux pourrait réduire l'impact global de cette réforme.
Changement du mode de calcul de la retraite
Une autre adaptation importante est le changement dans le calcul de la pension de base des mères. Actuellement, celle-ci est déterminée par le salaire annuel moyen des 25 meilleures années de carrière. Pour les mères ayant connu des parcours professionnels fragmentés, cette méthode peut s'avérer désavantageuse.
Le PLFSS pour 2026 propose donc de considérer les 24 meilleures années pour les mères d'un enfant et les 23 meilleures pour celles ayant eu deux enfants ou plus. Bien que cette modification n’entraîne pas de revalorisation significative des pensions, elle constitue un pas en avant pour les mères. Les syndicats saluent cette initiative, soulignant qu'elle reconnaît enfin les injustices systémiques subies par les femmes au fil des réformes précédentes. L'application de cette nouvelle méthode de calcul dépendra de l'approbation du texte par le Parlement.







