Lorsque l’on évoque les problèmes de poids chez les seniors, on pense généralement au surpoids et à l’obésité, qui sont en effet en forte hausse dans ce groupe d'âge, souvent liés à des changements hormonaux et à un mode de vie plus sédentaire après la retraite. Cependant, un autre problème tout aussi préoccupant mérite notre attention : l'anorexie. Un nombre croissant de personnes âgées souffrent de dénutrition, parfois chronique, résultant de divers facteurs, allant de la santé mentale à des causes physiologiques. Cette réalité se vérifie tout particulièrement en milieu institutionnel.
Comprendre l'anorexie
L'anorexie, littéralement le "manque d’appétit", est souvent perçue comme un symptôme de plusieurs problèmes sous-jacents plutôt qu'une maladie isolée. Dans le langage courant, elle est fréquemment associée à l'anorexie mentale, un trouble psychologique où l’individu lutte activement contre la prise de poids en raison d'une perception déformée de son corps. Bien que souvent attribuée aux jeunes femmes, l'anorexie mentale peut également se manifester chez les personnes âgées, qui sont souvent mal diagnostiquées. Ce phénomène est amplifié par une méconnaissance de la santé mentale dans leur génération.
Pour certains seniors, le refus de manger peut découler de troubles mentaux, tandis que pour d'autres, des facteurs physiques – tels qu'une altération de la perception corporelle ou des troubles sensoriels – entrent en jeu. Les comportements comme le "syndrome du hamster", où les patients simulent la mastication et recrachent les aliments, illustrent la complexité de ces comportements alimentaires.
Origines physiologiques et psychologiques
Principalement, les origines de l'anorexie chez les personnes âgées sont souvent physiologiques. La malnutrition est un fléau, exacerbée par une diminution de l'appétit et des besoins nutritionnels souvent sous-estimés. Le métabolisme diminué et le déclin des sens, tels que l'odorat et le goût, compliquent encore la situation. Des problèmes dentaires peuvent également rendre difficile la consommation d'aliments variés.
À cela s'ajoutent des facteurs socio-psychologiques, tels que la solitude, la dépression ou la perte d’autonomie, qui peuvent réduire l'envie de manger. Beaucoup de seniors, en particulier ceux vivant en institution, peuvent se retrouver isolés et négligés, ce qui motive davantage des comportements alimentaires préoccupants. Les maladies chroniques, les traitements médicaux et les comportements liés au tabagisme ou à l’alcool peuvent également contribuer à une perte d'appétit significative.
Les conséquences de l'anorexie chez les seniors
Le manque d'appétit chez les seniors, combiné à des épisodes de dépression ou de stress émotionnel, peut rapidement se transformer en anorexie. Cela représente un danger considérable pour leur santé, car près de 78% des décès liés à l'anorexie concernent cette tranche d'âge. Diagnostiquer ce trouble est d'autant plus difficile que la dépression ou la démence peut masquer un refus actif de s'alimenter.
Il est crucial pour les proches et les soignants d'identifier les causes de la dénutrition. Cela nécessite une approche équilibrée entre médicaments et thérapies comportementales. En effet, ne pas manger est souvent une quête de contrôle sur une vie devenue fragilisée. Plutôt que d'imposer une alimentation, il serait plus judicieux de rendre la nourriture agréable en tenant compte des histoires et préférences individuelles des patients. On doit veiller à ce qu'une alimentation adaptée soit mise en place, tenant compte des besoins psychologiques tout autant que nutritionnels.
La problématique de l'anorexie chez les personnes âgées met en lumière les limites de notre système de santé face à la santé mentale de nos aînés. La vigilance est essentielle pour détecter tout signe avant-coureur de rejet alimentaire, car leur bien-être dépend souvent d'une attention et d'un soutien attentifs.







