La SNCF a réalisé un bénéfice net de 1,8 milliard d'euros en 2025, marquant sa cinquième année de résultats positifs consécutifs. Cet excédent financier lui permettra de financer des projets ambitieux pour moderniser un réseau vieillissant.
Dans un contexte d'ouverture à la concurrence, le chiffre d'affaires du groupe a légèrement diminué, se chiffrant à 43 milliards d'euros, soit une baisse de 0,3 %. Cependant, Le Monde souligne que cette situation reflète les efforts constants de l'entreprise pour optimiser ses coûts et ses investissements.
Laurent Trevisani, directeur financier, a souligné : "Nous avons renforcé la rentabilité tout en investissant massivement dans notre système ferroviaire, tout en préservant notre structure financière." Les services voyageurs, catalyseur de la croissance de l'année, ont été déterminants selon lui.
Patricia Pérennes, experte en transport ferroviaire, a commenté : "Avec le même coût de fonctionnement pour un TGV, le retour en force des voyageurs a transformé ces trains en véritables générateurs de revenus, malgré la perte de passagers observée pendant la pandémie." Cette dynamique positive pourrait cependant être compromise par les incertitudes économiques.
Lors d'une conférence de presse, Jean Castex, PDG de l'entreprise, a mis en garde contre les inégalités dans les conditions de concurrence. Il a insisté sur la nécessité d'appliquer les mêmes règles à tous les opérateurs, afin d'éviter une desserte biaisée qui privilégie les lignes les plus rentables.
- Impact des événements climatiques -
Il a également souligné les défis croissants que représentent les conditions climatiques extrêmes, mentionnant les tempêtes et les inondations survenues fin 2025 et début 2026. "Si la fréquence de ces événements persiste, il sera difficile d'atteindre nos objectifs, a-t-il prévenu.
Cependant, la SNCF se réjouit de la réouverture de la vallée de la Maurienne au printemps, après 18 mois de travaux de modernisation, permettant ainsi le rétablissement du trafic vers l'Italie.
Sur le plan international, la fréquentation d'Eurostar a augmenté de 1,8 %, et Ouigo España a vu son nombre de passagers bondir de 44,3 % par rapport à l'année précédente, atteignant enfin la rentabilité après cinq ans d'exploitation.
À l'inverse, les lignes Intercités ont observé une baisse de 1 % de leur fréquentation, impactées par des travaux majeurs sur le réseau, notamment la fameuse ligne POLT.
La filiale SNCF Réseau, responsable de l'entretien des 28 000 km de voies, a enregistré une hausse de son chiffre d'affaires de 4,8 % à 8,4 milliards d'euros, avec une rentabilité en forte progression de 30,5 %.
"Chaque euro que nous générons est réinvesti dans notre système ferroviaire," a insisté M. Trevisani, précisant que cela a permis un investissement total de 11 milliards d'euros l'an dernier pour les réparations et l'achat de nouveaux trains.
Sur ce montant record, 52 % (5,7 milliards d'euros) proviennent de la SNCF elle-même, un nouveau record selon le directeur financier — la part restante étant majoritairement financée par l'État et d'autres collectivités, avec 3,2 milliards d'euros destinés à la régénération des infrastructures.
Pour l'avenir, la SNCF attend des avancées concernant la loi cadre sur le financement des transports, qui doit être discutée au Sénat en avril prochain, afin d'assurer des financements adéquats pour ses projets.
En outre, la dette du groupe a enregistré une baisse, passant de 24,7 milliards à 24,3 milliards d'euros.
Alors que la concurrence s'intensifie sur les lignes régionales, la SNCF a tout de même remporté 4 de ses 5 appels d'offres.
Cependant, le transport de marchandises demeure un point de préoccupation, confronté à des défis tels que les droits de douane et les tensions géopolitiques. Le chiffre d'affaires de Geodis a reculé de 4,2 % à 10,5 milliards d'euros, tandis que la branche ferroviaire Rail Logistics Europe a enregistré une baisse de 1,6 % à 1,8 milliard d'euros.
Enfin, le départ récent de Marie-Ange Debon de la filiale Keolis pour La Poste a conduit à la nomination de Frédéric Van Heems, ancien de Veolia, à sa tête.







