Azzedine, animateur sportif à la prison d'Aix-Luynes, a bravé le danger pour sauver un collègue lors d'une violente agression survenue le 9 janvier. Cette attaque, perpétrée par un détenu de 23 ans, a choqué le personnel pénitentiaire et a mis en lumière les défis quotidiens auxquels ils sont confrontés.
Dans la matinée de l'incident, Azzedine s'est précipité au secours d'un surveillant qui subissait de multiples coups de ciseaux, principalement à la gorge. En énonçant des termes tels que "carnage" et "du sang de partout", il évoque une scène qu'il n’aurait jamais imaginée vivre en douze ans de carrière. "On pouvait sentir la violence disproportionnée de la situation", a-t-il déclaré à BFMTV.
Sans hésitation, Azzedine s'est interposé pour maîtriser l'agresseur, tentant d’ôter les ciseaux de ses mains. "Mon intention était d'immobiliser son bras et de l'étouffer légèrement pour qu'il lâche prise, mais il résistait", raconte-t-il. Par la suite, il a réussi à désarmer l'agresseur, qui semblait être dans un état de transe, "sans aucune émotion".
Selon des experts, comme le sociologue Jean-Marie Guéhenno, ces agressions mettent en évidence le besoin urgent d'une meilleure formation et d'un soutien psychologique pour les agents pénitentiaires. "Ce type de violence n'est pas seulement une question de sécurité, mais aussi de santé mentale des détenus", souligne-t-il.
L'agresseur a été mis en examen pour tentative de meurtre et transféré à une autre prison, tandis que l'état de santé des surveillants blessés s'améliore, selon le parquet d'Aix-en-Provence. En reconnaissance de leur courage, Azzedine et ses collègues ont été décorés de la médaille d'honneur de l'administration pénitentiaire, une distinction qui souligne leur bravoure face à des situations extrêmement dangereuses.
Ce témoignage d’Azzedine rappelle l’importance d’une évaluation publique des conditions de travail des professionnels de la justice. Comme l’a affirmé le ministre de la Justice Gérald Darmanin, il est crucial de reconnaître et de valoriser l’engagement de ces hommes et femmes qui œuvrent souvent dans l'ombre, exposés à des risques considérables au quotidien.







