La vérité révélée : un homme condamné pour avoir transmis le VIH à sa compagne

En pleine audience, Jocelyn avoue avoir transmis le VIH à sa compagne. Une décision judiciaire choquante.
La vérité révélée : un homme condamné pour avoir transmis le VIH à sa compagne
Illustration. La victime s'est rendue compte qu'elle avait le VIH lors d'un bilan de santé en juin 2014. LP/Elsa Marnette

Jocelyn, 58 ans, a décidé de faire face à ses responsabilités en reconnaissant qu'il était porteur du VIH depuis 1996 sans jamais en informer sa partenaire. Ce mardi 3 mars, la cour criminelle du Val-d’Oise l'a condamné à quatre ans de prison avec sursis probatoire, accompagné d'une obligation de soins et d'une interdiction de contact avec son ex-femme.

Atteint du VIH depuis un certain temps, Jocelyn n'a pas informé sa compagne des risques encourus lors de leurs relations non protégées. La cour a reconnu sa culpabilité pour administration de substance nuisible, ayant entraîné une infirmité permanente, et pour violences sur conjoint, des charges issues d’un contexte prohibé de violences conjugales.

La peine prononcée par le tribunal était inférieure à celle requise par l'avocate générale, qui avait demandé cinq ans de prison (dont trois avec sursis), au regard de la détérioration de la santé de l'accusé due à une longue addiction aux drogues. Un procès qui a même dû être renvoyé l’année précédente en raison de crises d’épilepsie subies par Jocelyn.

Une très forte toxicomanie

Bien que ce dernier ait tenté de se libérer de plusieurs addictions, il demeure accroc à l'alcool et au cannabis. Lors de l'audience, il a quitté la salle d’audience en tremblant, soulignant les séquelles persistantes de son passé. Son avocat, Me Emmanuel Hemmerlin, a défendu que la peine était appropriée, tenant compte de sa condition et de l’ancienneté des faits.

Un contexte de violences conjugales

La prise de conscience de la séropositivité du conjoint a été un tournant pour sa compagne, survenu en 2014. Malgré cela, elle a épousé Jocelyn l'année suivante, par crainte d'être rejetée par d'autres. Ce n’est qu’après avoir subi des violences conjugales qu’elle a décidé de porter plainte.

« Il a avoué à l’audience. Il sentait qu’il devait le faire, à la fois pour lui et la partie civile », indique Me Hemmerlin. Bien qu'il ait nié les faits durant l’enquête, il a finalement reconnu sa séropositivité. Sans se souvenir d’avoir reçu un traitement, il a manifesté des regrets et a présenté des excuses à son ancienne partenaire. Un processus judiciaire qui soulève des questions cruciales sur la responsabilité individuelle et la santé publique.

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