Il existe des cas où la loi et les questions sociologiques semblent s'opposer. La mort tragique de Luciana Cardeal de Sousa pourrait exemplifier ce phénomène, où les termes et les interprétations font l'objet d'un débat intense. Âgée de 44 ans, cette jeune femme a perdu la vie à la suite d'une altercation avec son compagnon. Pour certains, il s'agit d'un féminicide, pour d'autres, d'un accident. Dans la nuit du 20 au 21 août, à La Teste-de-Buch, après une soirée ensemble, une dispute éclate devant leur domicile. Luciana tombe au sol, grièvement blessée. Après avoir été placée dans le coma, elle succombe à ses blessures le 2 octobre. Les circonstances exactes de cette tragédie sont désormais entre les mains d'un juge d'instruction, alors que les versions divergent déjà.
Affaire à l’instruction
Les avocats de l’accusé, Me Aline Bourgeois et Christine Maze, insistent sur l’absence d’intention homicide. Me Bourgeois déclare : "Nous sommes plutôt face à un accident qu’à un acte volontaire." Me Maze mentionne qu’il y a eu une montée de tension entre Luciana et la fille de son compagnon, menant à une escalade de la violence. "Il ne s’agissait pas d’une volonté de blesser, mais d’une réaction impulsive résultant d’une agression verbale," explique-t-elle.
"Il n’y avait pas d’intention de commettre des violences sur une femme"
Après le décès de Luciana, le terme « féminicide » a été employé par des représentants du parquet et des associations féministes. Les avocats du suspect considèrent cela comme un amalgame : "Nous voulons rétablir notre vérité. Ce n'est pas un cas de féminicide, mais une tragédie." Ils soulignent que la violence est à déplorer, mais qu’il s’agissait d'un incident malheureux.
Coups mortels
L’information judiciaire se penche sur des coups ayant mené à la mort, sans intention de tuer. Toutefois, il est important de noter que cette qualification peut évoluer en fonction des conclusions du juge d’instruction. Selon Me Daniel Del Risco, avocat représentant le fils de Luciana, il avertit que l’appellation de féminicide, au sens sociologique, demeure appropriée : "Une femme est morte sous le coup de son partenaire. Quelle que soit la qualification juridique, la perte d’une vie est tragique et ce coup aurait pu être évité." L’affaire soulève des interrogations sur la définition même de la violence au sein du couple et les implications de la loi face à des situations complexes.







