Une femme de 65 ans, ex-mandataire judiciaire en Gironde, est au cœur d'une affaire intrigante d'abus de confiance. Soupçonnée d'avoir utilisé les cartes bancaires de majeurs protégés dont elle avait la charge, le montant total du préjudice est évalué à plus de 122 000 euros. Les victimes, pour la plupart âgées ou en situation de handicap, résidaient dans des maisons de retraite ou des foyers.
Interpellée à son domicile, près de Bordeaux, le 4 mars et placée en garde à vue, cette sexagénaire a été transférée au parquet le lendemain. Elle est actuellement sous contrôle judiciaire en attendant son procès prévu pour le 4 septembre prochain.
Une plainte de l’Udaf 33
Tout a commencé en novembre 2025 lorsque l’Union départementale des associations familiales (Udaf) de la Gironde, qui l’employait, a déposé une plainte après qu'une remplaçante, surprise par des retraits excessifs, a commencé à examiner les dossiers de sa collègue. Les investigations réalisées par la brigade financière de la division de la criminalité territoriale ont permis d’identifier seize victimes présumées, dont trois sont décédées. Le préjudice englobe une période allant de début 2022 à fin 2025.
Bien que des preuves de ses abus aient été relevées, il est intéressant de noter que l’enquête n’a pas trouvé d’enrichissement personnel de sa part. En garde à vue, la suspecte a nié les accusations, affirmant qu'elle agissait seulement à la demande de ses clients.
Ce scandale met en lumière la vulnérabilité de près d’un million de personnes majeures en France, comme le souligne le ministère du Travail et des Solidarités. Ces individus bénéficient d’une mesure de protection juridique, un besoin qui devrait doubler d’ici 2040. Selon des experts, la surveillance des mandataires judiciaires doit être renforcée afin de protéger les plus fragiles de telles dérives, ainsi qu'indiqué par des témoignages d'organisations de soutien aux personnes vulnérables.







