Au petit matin du lundi, Budapest était animée d'un sentiment d'espoir et de changement. Après des années de domination du pouvoir illibéral de Viktor Orbán, les Hongrois ont célébré le décès de seize ans de règne autoritaire. Des scènes de liesse ont envahi la capitale, rythmées par des fanfares et des slogans tels que "Fidesz, ça suffit !" et "Russes, partez !", témoignant d'une libération après tant d'années d'oppression.
Vaincu avec seulement 38 % des voix, Viktor Orbán, dont le parti Fidesz conserve 55 sièges, laisse à Magyar (proche de 54 % des voix et 80 % de participation) la possibilité de gouverner avec une solide majorité de 138 sièges sur 199 au parlement. Ce jeune avocat de 45 ans, ancien diplomate, a présenté ses ambitions dans une conférence de presse, exposant une vision résolue du nouveau gouvernement.
Les Hongrois se tournent vers l'avenir européen.
Péteri Magyar souhaite rétablir des relations constructives avec l'Union européenne, espérant éviter les amendes infligées à Budapest pour des politiques migratoires contestées. Tout en affirmant son attachement à la sécurité nationale, il promet d'assouplir certaines restrictions, tout en maintenant son aversion pour l'immigration illégale.
Sur la scène internationale, il a exprimé sa volonté de mettre fin à la dépendance envers Moscou, indiquant qu'il dialoguerait avec Vladimir Poutine uniquement si nécessaire. « Je ne l’appellerai pas, mais si Poutine m’appelle, je prendrai cet appel », a-t-il déclaré, marquant ainsi un tournant significatif dans la diplomatie hongroise.
Dans le domaine intérieur, Magyar a mentionné la création d'un office anticorruption pour s'attaquer aux abus et à la corruption qui ont prévalu sous le précédent gouvernement. "Le pays a été volé, trahi et dévasté", a-t-il déclaré.
Les prochaines semaines s'annoncent cruciales pour Budapest, surtout avec un président de la République perçu comme inapte à diriger de manière autonome. "Il doit simplement déclencher la procédure pour ma nomination", a insisté Magyar, laissant présager une saison politique ardente à Budapest.







