Le 13 mars, les autorités talibanes ont rapporté que le Pakistan a lancé de nouveaux bombardements sur Kaboul ainsi que d'autres zones afghanes. Ces frappes ont causé la mort de quatre personnes dans la capitale, selon des sources officielles. Une source sécuritaire pakistanaise a également confirmé les frappes à l'Agence France-Presse (AFP).
« Le régime militaire pakistanais a intensifié son agression, ciblant encore Kaboul et Kandahar, ainsi que les régions frontalières de Paktia et Paktika », a déclaré Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement taliban. Il déplorait également des victimes parmi les « femmes et enfants ».
A Kaboul, en plus des quatre décès, quinze personnes ont été blessées dans un bombardement qui a touché des « maisons civiles » dans le 21ème district de la ville. Khalid Zadran, porte-parole de la police de Kaboul, a indiqué que le bombardement avait eu lieu dans le secteur de Guzar, précisant que des femmes et des enfants figuraient parmi les blessés. Des coups de feu de défense antiaérienne ont également été rapportés dans la matinée.
A Kandahar, frappes ciblées sur un dépôt pétrolier près de l'aéroport ont également été signalées. C'est dans cette ville que réside le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada.
« Guerre ouverte » du Pakistan aux autorités talibanes
Les tensions entre Islamabad et Kaboul se sont intensifiées dans les dernières semaines. Selon le Pakistan, l’Afghanistan hébergerait des militants du Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP) responsables de nombreuses attaques sur son territoire. Cependant, les autorités afghanes contestent ces allégations. La situation a dégénéré le 26 février, lorsque l’Afghanistan a mené une offensive en réponse aux incursions aériennes pakistanaises.
En conséquence, le Pakistan a déclaré une « guerre ouverte » aux talibans afghans, intensifiant ses bombardements sur Kaboul et Kandahar. Malgré ces frappes, le gouvernement pakistanais insiste sur le fait qu'aucun civil n'est supposé être touché.
Les derniers jours ont vu une aggravation de la violence, avec des rapports faisant état de la mort de sept personnes, dont des enfants, à cause des tirs pakistanais dans les zones frontalières entre le 7 et le 9 mars. Tahir Hussain Andrabi, porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, a affirmé que « des opérations ciblées » avaient été menées sans causer de blessures civiles.
Selon le rapport de la mission des Nations unies en Afghanistan (UNAMA), 56 civils, dont 24 enfants, ont été tués depuis le début de l'escalade des hostilités. Par ailleurs, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a signalé que plus de 115 000 personnes ont été déplacées en raison des combats.







