Après plusieurs déclarations menaçantes, les Houthis du Yémen ont finalement agi en attaquant Israël samedi dernier, affirmant cibler des « sites militaires sensibles ». Ce développement est perçu comme une « escalade grave », suscitant des inquiétudes pour la stabilité dans la région et le commerce mondial.
Depuis un mois, ces rebelles, soutenus par l'Iran et détenant le contrôle de vastes territoires au Yémen, notamment la capitale Sanaa, ont affiché leur solidarité envers l'Iran face aux actions israélo-américaines. Cette attaque, qui intervient après qu'Israël a détecté des missiles venant du Yémen, marque un point de non-retour dans le conflit. Selon Farea Al-Muslimi, chercheur au Chatham House, cette entrée dans la guerre pourrait avoir de graves conséquences.
Un message clair
Les Houthis ont longtemps évité de s'impliquer dans ce conflit, conscients que cela pourrait leur être préjudiciable. Pourtant, ils se sentent redevables envers l'Iran, qui les a soutenus durant des années. Cette frappe à l'encontre d'Israël, qu'ils ont déjà visée durant la guerre à Gaza, envoie un message fort, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Yémen, selon le cabinet américain de conseil en risques, Basha Report. Leur priorité reste visiblement la cause palestinienne, tout en précisant à Washington et Ryad qu'ils ne les ciblent pas, du moins pour le moment.
Des répercussions économiques sur le commerce maritime
Les capacités des Houthis à menacer le trafic maritime dans la mer Rouge, stratégiquement importante pour le transit pétrolier mondial, soulèvent des inquiétudes croissantes. Ils pourraient ainsi interférer dans le détroit de Bab el-Mandeb, crucial pour le passage des navires depuis l'océan Indien. Un tel blocage mettrait en péril les marchés mondiaux déjà fragilisés.
Un risque d'escalade régional
Cette dynamique pourrait également inciter l'Arabie saoudite à adopter une posture plus agressive. Hesham Al-Ghannam, expert en sécurité saoudienne, explique que si le trafic maritime est menacé, Riyad pourrait envisager des représailles. Les Houthis, étant géographiquement plus proches, disposent d'une capacité de frappe significative contre les infrastructures saoudiennes et militaires occidentales dans la région.
Si la situation se dégrade davantage, les conséquences pourraient être « dévastatrices », avec le risque d'une confrontation directe entre les Houthis et l'Arabie saoudite, déjà marquée par la guerre de 2015 à 2022. Cela annoncerait une nouvelle ère de violence, avec des victimes civiles potentiellement en augmentation dans un pays déjà ravagé par le conflit.







