Million Beyene, rédacteur en chef adjoint de l’Addis Standard, a été enlevé par des hommes non identifiés le 15 avril 2023, alors qu'il se trouvait dans ses bureaux. Cet incident s'inscrit dans un environnement de répression grandissante à l'égard des médias depuis l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed.
Selon une déclaration de Jakenn Publishing Plc, propriétaire de l'Addis Standard, des individus en civil ont pris Million, lui annonçant qu'il devait "être interrogé" avant de l'emmener vers un endroit inconnu. Les images de vidéosurveillance, analysées par le groupe, montrent une opération qui paraissait soigneusement orchestrée, avec un homme en tête suivie de près par d'autres.
Depuis cet enlèvement, les autorités affirment que le journaliste n'est pas "sous leur garde" et que les personnes qui l'ont enlevé ne se rattachent pas aux forces de sécurité. Cette situation alimente les inquiétudes quant à la liberté de la presse en Éthiopie, un sujet déjà brûlant.
Répression croissante contre les médias
Le climat de peur grandissant a été accentué par des « pressions sécuritaires et administratives » répétées sur l'Addis Standard. En février, la licence de ce média a été retirée par les autorités, invoquant des raisons liées à la sécurité nationale. Yonas Kedir, rédacteur en chef du journal, explique que cette répression s'inscrit dans une tendance alarmante où le journalisme indépendant devient de plus en plus difficile à exercer.
Le Comité de protection des journalistes (CPJ) a également noté que les autorités avaient effectué des perquisitions dans leurs bureaux, arrêtant plusieurs membres de l'équipe et saisissant des équipements. De plus, après une enquête, des journalistes de l'agence Reuters ont aussi perdu leurs accréditations.
Yonas Kedir souligne : “Une atmosphère intimidante règne en Éthiopie, où toute critique est réprimée par des sanctions administratives, sans que des procédures judiciaires transparentes soient appliquées”. L'appel à libérer Million Beyene se fait entendre alors que les voix s'élèvent partout dans le pays contre cette dérive autoritaire.
La situation des médias en Éthiopie nécessite une attention urgente, et les acteurs de la communauté internationale interpellent les autorités sur la nécessité de garantir la sécurité des journalistes dans un pays où le débat public est crucial mais de plus en plus risqué.







