Ces derniers jours, des aloses, ces poissons emblématiques de la Dordogne, sont retrouvées mortes sur les rives, particulièrement autour de Bergerac. Pour les pêcheurs et les riverains, la vue de ces cadavres flottants surprend et intrigue. Marie-Paul, une passionnée de pêche, témoigne : "Là, il y a un cadavre qui descend", au moment où elle observe l'eau. De nombreuses aloses sont visibles en surface, laissant penser à une problématique alarmante.
Pourtant, ce phénomène est bien plus naturel qu'il n'y paraît. À l'opposé de toute supposition de pollution ou d'une dégradation de la qualité de l’eau, l'explication est fournie par Damien Filloux, technicien à l'association Migado: "Non seulement c'est normal, mais c'est une bonne nouvelle. Cela prouve que ces poissons ont réussi leur reproduction". Pour rappel, l’alose est un poisson migrateur qui remonte la Dordogne après avoir passé plusieurs années en mer.
Un phénomène naturel
Après la reproduction, près de 95% des aloses subissent une mortalité naturelle en raison de l'épuisement. Cette année, la période de mortalité est attendue jusqu'à mi-juillet, avec une explication rassurante sur l'état de l'écosystème de la rivière.
Un retour des aloses qui ravit les riverains
Dans les années 90, les rives de la Dordogne connaissaient un déferlement de ces poissons, avec des centaines de milliers d'aloses remontant chaque saison. Damien Filloux souligne : "On avait perdu l'habitude de les voir sur les bords de rivière ces dernières décennies". La population d'aloses a fortement chuté, mais semble connaître un retour remarquable, attribué à une survie exceptionnelle des larves et à des conditions favorables de croissance.
Une opportunité pour l'écosystème
La mortalité des poissons est également bénéfique pour d'autres espèces, offrant une source de nourriture précieuse au sein de la chaîne alimentaire de la Dordogne. À l'horizon 2025, l'association Migado prévoit la présence de 200 000 aloses dans ces cours d'eau, un chiffre en forte hausse par rapport aux années précédentes. Un souhait partagé par de nombreux scientifiques et passionnés de la faune aquatique.







