Le lundi 8 juin, environ 80 personnes se sont rassemblées devant l'hôtel de ville de Gradignan pour défendre leurs droits face à un projet de démolition qui menace la Cité-Jardin, un quartier social dont la majorité des maisons doit être détruite dans le cadre de la Zone d’aménagement concertée (Zac) du centre-ville. Ce plan ambitieux vise à développer 1 000 logements ainsi que des infrastructures et des espaces verts, mais suscite l’inquiétude des résidents.
« Nous ne partirons pas ! » a scandé la foule pour rappeler leur revendication : rester dans leur quartier. Les manifestants, soutenus par l'association Rester et Bien Vivre à la Cité-Jardin, plaident pour le relogement des habitants avant que les démolitions ne soient effectuées. Pascale Sepulle, présidente de l’association, souligne l'importance de rénover les maisons encore en bon état pour préserver la communauté.
Michel Labardin, le maire de Gradignan, a assuré son engagement à respecter les souhaits des habitants en matière de relogement, mais l’opposition a souligné des incohérences dans les promesses faites. « La Ville de Bordeaux a d'abord maltraité les habitants », a-t-il réagi en critiquant les décisions de l'ancien maire, Pierre Hurmic.
Les tensions politiques autour du relogement
Les débats au conseil municipal ont été animés. L’opposante écologiste Emilie Sarrazin a accusé la mairie de ne pas prendre en compte les besoins des habitants. Labardin a rétorqué qu'il n'y aurait pas de changements concernant les emplacements prévus pour le relogement. Les discussions se sont soldées par l’accusation de récupération politique, les élus de l'opposition plaidant pour une meilleure prise en charge des inquiétudes des résidents.
En parallèle, la première phase de relogement est dorénavant en cours, gérée par le cabinet Segat, avec l'objectif d'achever cette étape d'ici à 2026. Les enjeux sont cruciaux, alors que le quartier doit se transformer significativement. Labardin, pressenti pour devenir le prochain président de la Fabrique de Bordeaux Métropole, a promis que Gradignan ne serait pas mis à l'écart dans les futurs projets d'aménagements.
Les manifestations de lundi témoignent ainsi de l'angoisse des habitants face à un avenir incertain. La situation reste tendue, et les prochaines étapes du projet de relogement sont scrutées avec attention par les résidents, qui espèrent un dialogue constructif avec la mairie pour préserver leur communauté.







