Ce samedi 17 janvier, à 10h30, une forte mobilisation est prévue devant l'agence principale du Crédit Mutuel de Bretagne (CMB) à Pleudihen-sur-Rance. Habitant du bourg, sociétaires et élus s'unissent pour s'opposer à la fermeture annoncée de l'agence, prévue pour le 24 janvier. Ce collectif dénonce une érosion progressive des services offerts et remet en question les valeurs fondamentales de mutualisme.
« Ici, c'était juste à côté de chez moi. Maintenant, il faut aller à Plouër et je ne conduis plus… c'est vraiment décevant », s'interroge Auguste, un fidèle client depuis plus de 40 ans. À ses côtés, d'autres clients, inquiets de devoir changer d'établissement bancaire, évoquent même la possibilité de se tourner vers la concurrence, en particulier le Crédit Agricole, situé juste en face.
En amont de ce rassemblement, le collectif de sociétaires a parcouru le bourg avec des affiches, portant des inscriptions poignantes comme « La banque qui trahit ». Selon Bernard Oger, adjoint aux finances à la mairie et membre du collectif, la direction du CMB a volontairement laissé l'agence se dégrader pour justifier sa fermeture. « Lors de l'inauguration en 1990, c'était une grande fête. Maintenant, on nous dit que les locaux ne sont plus adaptés. Cela fait des années qu'ils envisagent de fermer », explique-t-il.
La mobilisation a tranché jusqu'à maintenant, recueillant près de 900 signatures en faveur du maintien et de la rénovation de l'agence, au nom des valeurs de proximité et de solidarité. Le maire, David Boixière, a également proposé d'aménager un nouvel espace pour l'agence, incluant un parking de 40 places, une offre qui a, selon lui, reçu un refus ferme de la direction du CMB.
De son côté, la direction du Crédit Mutuel justifie sa décision par une baisse de la fréquentation et des problèmes de sécurité liés au faible effectif de l'agence. Les services continueront d'être proposés par les agences voisines ou en ligne. Il est prévu que le guichet automatique reste opérationnel à Pleudihen-sur-Rance.
Cette situation soulève des interrogations plus larges sur l'avenir des services bancaires en milieu rural, face à une globalisation des services et aux réalités économiques actuelles. Des experts en économie locale appellent à des solutions innovantes pour maintenir des services de proximité vitaux pour le tissu social des petites communes. Selon le Journal Du Finistère, la fermeture de l'agence pourrait avoir des répercussions sur l'économie locale, en obligeant les clients à se déplacer pour leurs besoins bancaires essentiels.







