Le projet d'implantation de l'usine Eastman en France suscite des attentes depuis son annonce en 2022. Situé à Saint-Jean-de-Folleville en Normandie, ce site de recyclage moléculaire du plastique fera peau neuve sur 41 hectares. Doté d'un investissement colossal d'un milliard d'euros, ce projet ambitieux entend transformer le paysage du recyclage en France.
Eric Dehouck, le directeur général d'Eastman en France, a récemment affirmé : "Nous souhaitons créer une usine dédiée au recyclage des plastiques, car en l'absence de cette initiative, qui peut les recycler vraiment ? Ils finissent généralement incinérés ou enfouis". Lors d'une interview pour ICI Normandie, il a expliqué que des efforts avaient été fournis depuis 2022 pour sécuriser les terrains et développer les permis nécessaires.
Cependant, le projet fait face à un blocage. Dehouck a souligné que celui-ci est en attente de clarifications réglementaires émanant de l'Europe, notamment en ce qui concerne l'importation de déchets recyclés en provenance de Chine. "Nous faisons face à une concurrence déloyale qui fausse le marché", a-t-il déclaré, ajoutant que l'année 2026 pourrait être décisive pour la définition des règles claires du jeu en matière de recyclage.
Cette perspective est d'autant plus urgente que quatre associations écologistes ont récemment contesté l'intérêt national de ce projet. Selon elles, le recyclage ne serait qu'une transformation des déchets, comme elles l'ont évoqué le 21 février 2026 au Conseil d'Etat. En réponse à ces critiques, Dehouck a exposé la nécessité de développer des technologies de recyclage, en rappelant l'importance de certains matériaux plastiques dans des domaines essentiels comme la santé : "Dans les blocs opératoires, de nombreux équipements sont en plastique de haute qualité. Peut-on se passer de ces matériaux ?"
Eastman se défend de tout danger lié à sa technologie de recyclage, qui, selon les experts de l'industrie, est maîtrisée. "Notre procédé, développé il y a plus de 60 ans, fonctionne sur un site similaire aux États-Unis depuis deux ans sans incident", a assuré Dehouck. Malgré le classement de l'usine sous réglementation SEVESO seuil haut, il a affirmé : "Les normes de sécurité sont notre priorité, comme pour toute entreprise".
Dans un contexte où la transition écologique est au cœur des préoccupations, l’avenir d’Eastman en France soulève des enjeux cruciaux. Les débats autour de la réglementation, de l'acceptation sociale et des impacts environnementaux promettent d'être au centre des discussions à venir.







