À Floudès, une odeur désagréable flotte dans l'air, témoin des récentes inondations de la Garonne. Un mois après le début de la crue, Michaël Martinez, membre de la réserve communale, se remémore les dix jours de coupure avec le monde extérieur, où il a tenu le gouvernail du bateau communal, La Floudésienne, devenu le seul lien tangible entre les habitants isolés.
Le 6 mars, chez Michaël, les vestiges de la tempête sont visibles partout. L'empreinte de l'eau, marquée à 1,50 mètre, se dessine sur les murs de son domicile. Des gilets de sauvetage sont éparpillés autour, rappelant l'urgence de la situation. “S'il n'y avait eu personne sur place, je serais parti”, confie-t-il. Mais son attachement à son village et sa volonté d'aider l'ont maintenu à flot.
« Un lien essentiel »
Chaque jour, Michaël documentait la vie durant cette catastrophe sur sa page Facebook, Floudès mon village, qu'il a transformée en plateforme d'information. En moins d'une semaine, ses abonnés sont passés de 30 à plus de 2 000, captivés par ses récits et ses vidéos. “C'est avant tout une page pour faire découvrir mon village,” explique-t-il fièrement.
La tempête a isolé Floudès le 14 février, créant un archipel à partir des maisons. Michäel se souvient de son premier matin : “J'ai entendu des bruits de meubles grincer, c'était la tempête qui soufflait,” raconte-t-il. En dépit de la peur, l'homme a commencé à prendre la mer pour livrer des provisions aux sinistrés.
« Une aventure inédite »
Naviguer sur la Garonne, entouré par les débris charriés par les eaux, était un défi. “Je savais auparavant qu'il y avait des obstacles, mais sur l'eau, tout semble différent,” admet Michaël, tout en ayant reconnu avoir un peu galéré lors de ses premières sorties. François Quirin, le maire, apportait son soutien au sol, coordonnant les efforts pour rétablir un semblant de normalité.
De ses allers-retours, Michaël a pu témoigner des situations cocasses : un couple de cygnes rescapés, un chat sauvé d'un naufrage domestique et les moments de répit offerts par des repas en conserve. “Je pense avoir réussi à faire connaître Floudès jusqu'aux États-Unis,” souligne-t-il, illustrant ainsi la portée expéditive et solidaire de ses vidéos.”
Alors que la Garonne se retirait lentement, le nettoyage commençait et Michaël restait en première ligne, le cœur et la volonté gonflés pour raconter l'histoire d'un village soudé contre l'adversité.







