Depuis 2017, la situation budgétaire de l'hôpital de Montélimar se dégrade de manière alarmante, avec un déficit cumulé atteignant 50 millions d'euros. L'Agence Nationale de la Performance a récemment intervenu pour examiner les finances de l'établissement, et ses recommandations n'ont pas tardé à provoquer des réactions.
La direction, consciente de l'urgence, a annoncé qu'elle devra réaliser environ 3 millions d'euros d'économies d'ici la fin de l'année. Cela représente moins de 2 % du budget de fonctionnement de l'hôpital. Pour y parvenir, 70 postes équivalents temps plein sur un total de 1800 seront supprimés. Ces réductions passeront par des départs à la retraite non remplacés, des contrats à durée déterminée non renouvelés et une réorganisation des services existants. "Les économies sont essentielles," a déplacé la direction, rappelant que le soutien de l'Agence Régionale de Santé dépend de cet assainissement financier.
70 ETP à supprimer d'ici la fin de l'année
Dans un tract diffusé la semaine dernière, la CGT a mis en lumière les inquiétudes concernant les "J hôteliers", des aides-soignants ayant un aménagement de travail en raison de leurs difficultés. Ces agents, chargés de la distribution des repas et d'assistance aux patients les plus vulnérables, voient 20 de leurs postes menacés. La direction justifie ces décisions en affirmant que ces agents n'ont plus de contre-indication médicale et que les tâches logistiques peuvent être prises en charge par d'autres collègues.
La CGT a également exprimé son inquiétude face à la précarité des contrats des CDD, qui sont désormais limités à trois mois. Actuellement, le syndicat n’a pas encore envisagé d'actions de grève.
Un mouvement de grève des infirmiers au bloc opératoire
Parallèlement, un mouvement de grève perlé a été initié par la CFTC parmi les infirmiers du bloc opératoire, suite à une réorganisation de leur temps de travail. Les gardes de 24 heures ne sont plus permises, entraînant ainsi une perte substantielle d'heures supplémentaires, ce qui se traduit par un manque à gagner de 230 euros brut par mois pour les infirmiers de bloc et 150 euros pour leurs homologues anesthésistes. Alexia de Martino, déléguée syndicale de la CFTC, souligne que : "Il y a beaucoup de mères solo et de pères solo dans ces métiers. Avec la situation économique actuelle, cela va créer un obstacle financier majeur pour elles."
Le syndicat réclame donc une compensation pour les près de cinquante infirmiers concernés par ces changements. Bien que des discussions aient débuté, aucun accord n’a été trouvé jusqu’à présent. La direction indique que la grève est peu suivie, mais affirme que le dialogue reste ouvert.







