Ce jeudi 10 juillet, le Comité de suivi des retraites a émis son avis annuel, préconisant une maîtrise de la revalorisation des pensions pour mieux affronter l'inflation. Une initiative controversée, à quelques jours de la présentation des lignes budgétaires par François Bayrou, alors que la pression sur les finances publiques est croissante.
Le Comité, composé de cinq experts, souligne la nécessité de considérer la santé financière globale du pays dans l'analyse du système de retraite. Leur suggestion d'une sous-indexation des pensions, qui pourrait se traduire par une réduction des dépenses de l'État, a été rapportée par Le Figaro.
Les raisons mises en avant par les experts
Pour les experts, la décision de ne pas ajuster les pensions en fonction de l'inflation pourrait permettre d'équilibrer le système d'ici 2030. Ils estiment qu'une sous-indexation cumulée d'environ 2% sur cinq ans suffirait. Leurs propositions vont dans le sens d'une réflexion déjà partagée lors de discussions entre partenaires sociaux, à savoir une diminution de l'indexation des pensions de 0,8 point en 2026, puis de 0,4 point chaque année jusqu'en 2030.
Une sous-indexation : quel impact pour les retraités?
Si l'inflation atteint 3 %, les pensions pourraient voir leur augmentation limitée à 2,2 % en 2026, puis à 2,6 % les années suivantes. Avec une perspective de sous-indexation cumulative de 2,4 % d'ici 2030, cette situation pourrait néanmoins être atténuée par l'épargne significative des retraités, souvent plus élevée que celle des actifs. Toutefois, les experts insistent sur la nécessité de définir un niveau minimal de confort financier à garantir aux retraités.
Malgré cette suggestion, les spécialistes mettent en garde qu'une simple sous-indexation pourrait ne pas suffire à garantir la pérennité du système. Ils soulignent l'importance d'une évolution intégrale des mécanismes de pilotage, notamment le taux de remplacement, qui est un élément clé dans le rapport entre le montant des pensions et le dernier salaire perçu.
Cette proposition de sous-indexation, déjà discutée dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2025, avait été rejetée par le passé malgré des économies potentielles de 3 milliards d'euros. Aujourd'hui, alors que François Bayrou appelle à un effort collectif, cette idée renaît dans un climat de tension budgétaire, bien que le chef du gouvernement assure que toutes les catégories de population seront préservées.







