La France et l’Algérie continuent de montrer des signes d’apaisement avec le renforcement de leur collaboration sur des questions cruciales telles que la sécurité, la défense, la migration et la justice. Dans ce cadre, le journaliste français Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie depuis presque un an, s'apprête à recevoir sa première visite consulaire.
Un pas de plus vers l'apaisement. Christophe Gleizes, en détention depuis mai 2024 en Algérie, doit recevoir une visite consulaire dans les jours à venir, comme l'a annoncé la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, après sa rencontre avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune. Cette visite sera conduite par l'ambassadeur Stéphane Romatet, qui est revenu à Alger en raison de la mission de Mme Rufo, près d’un an après avoir été rappelé à Paris par Emmanuel Macron face à une escalade des tensions.
Arrêté alors qu'il couvrait un événement en Kabylie, Gleizes a été condamné en appel à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Sa famille a récemment annoncé qu'il avait abandonné son pourvoi en cassation, une décision qui pourrait ouvrir la voie à une pardon potentiel par le président Tebboune.
Un dégel des relations entre Paris et Alger
Cette rencontre symbolise une détente dans les relations entre les deux nations, qui ont été marquées par des tensions diplomatiques au cours des deux dernières années. Selon l'Élysée, le but est de ''nouer des relations confiantes et prometteuses'' tout en ''restaurer un dialogue efficace'' avec Alger. La visite d'Alice Rufo est la seconde d'un membre du gouvernement français en moins de trois mois ; elle suit celle du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, en février dernier.
Lors de cette entrevue de deux heures avec Tebboune, la ministre a déclamé avoir exploré diverses « pistes » visant à optimiser la coopération entre les deux pays dans les mois à venir. Elle a mis l'accent sur la coopération en matière de sécurité et de défense, jugée déterminante à la fois en Afrique et au-delà.
En matière judiciaire, les discussions ont également porté sur l'importance d'une coopération efficace dans la lutte contre le narcotrafic, un sujet de préoccupation partagé par les deux nations. Mme Rufo a exprimé le souhait de continuer sur cette lancée, tout en rappelant que la France se réjouissait de la reprise des échanges migratoires, un pas qu’elle considère essentiel suite récemment à la visite du ministre de l'Intérieur.
Enfin, sur le plan mémoriel, les deux parties se sont engagées à relancer les travaux de la commission mixte d’historiens, qui inclut cinq historiens de chaque pays. Cette initiative, instaurée en été 2022, n'a pas été convoquée depuis le printemps 2024.







