Le 14 octobre 2025, Bpifrance a levé le voile sur son fonds intitulé "Bpifrance Défense", ayant pour vocation de canaliser une partie de l'épargne des particuliers vers les entreprises œuvrant dans le secteur de la défense. Ce fonds s'engage à offrir un rendement net de 5%, un taux plus compétitif comparé au traditionnel livret A. Mais qu'apporte réellement ce nouveau produit d'épargne ? Pour éclairer cette question, RMC Conso a analysé son fonctionnement.
Le fonds est accessible via plusieurs supports, tels que les comptes-titres, les assurances-vie ou les Plans d'épargne en actions (PEA). Il a été qualifié de "semi-ouvert", car il est conçu pour le grand public, en opposition à de nombreux fonds de private equity habituellement réservés aux investisseurs institutionnels. L'objectif de Bpifrance est de récolter 450 millions d'euros grâce à cette nouvelle initiative.
Épargne : des fonds engagés sur le long terme
Si le rendement attractif attire les épargnants, il est essentiel de noter que les montants investis, à partir de 500 euros, seront bloqués pendant une période de cinq ans, sans possibilité de retrait anticipé, contrairement au livret A. Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne, souligne que ce fonds doit être perçu comme un moyen de diversifier ses placements, mettant en avant l'importance de conserver une épargne de précaution accessible. Ce fonds s'inscrit donc dans une logique d'investissement à long terme, visant les personnes disposant déjà d'une trésorerie de sécurité.
Bien que le rendement de 5% puisse sembler attrayant, il convient d'être prudent. Dans un contexte où l'industrie de la défense se porte bien, il est important de considérer les projections de Bpifrance : un investissement de 10 000 euros pourrait rapporter entre 6 300 et 27 000 euros sur dix ans, selon divers scénarios. Cependant, il est à noter que les plus-values sont soumises à un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%, taxes comprises.
Épargne : le choix du véhicule d'investissement
Le choix du support d'investissement revêt une importance cruciale. Pour ceux optant pour l'assurance-vie, la fiscalité des gains est réduite à 24,7% après huit ans si le montant total reste inférieur à 150 000 euros. Cependant, le Plan d'épargne en actions (PEA) reste le choix le plus intéressant. Étant donné que le fonds n'investit qu'à hauteur d'entreprises françaises, il en relève entièrement. Les gains deviennent exonérés d'impôts sur le revenu après cinq ans, seules les contributions sociales demeurent applicables. Ainsi, il est conseillé de privilégier les investissements via un PEA, suivis de l'assurance-vie, et seulement en dernier recours via un compte-titres.
Pour les contribuables pour qui l’investissement dans le secteur défensif pose un dilemme éthique, il existe des fonds de private equity alternatifs qui peuvent offrir des rendements supérieurs sans impliquer l'industrie de la défense.







