Le gouvernement a annoncé une hausse temporaire de la remise sur les carburants: la réduction dont bénéficient tous les automobilistes passera de 18 centimes par litre à 30 centimes en septembre et sera maintenue au même niveau en octobre, avant de retomber à 10 centimes en novembre et décembre. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a précisé que cette mesure, intégrée aux ajustements du projet de loi de finances rectificative, coûterait environ 4,5 milliards d'euros à l'État.
Une ristourne élargie et un calendrier clair
Plutôt que d'introduire le chèque carburant ciblé évoqué initialement — destiné aux ménages modestes et aux gros rouleurs — le gouvernement a choisi d'augmenter la remise à la pompe, universelle et immédiate. Le calendrier annoncé est le suivant:
- septembre - octobre : remise de 30 centimes par litre;
- novembre - décembre : remise réduite à 10 centimes par litre.
Selon Bruno Le Maire, la combinaison de cette remise publique et d'initiatives privées, comme l'annonce de TotalEnergies d'appliquer une décote de 20 centimes dans certaines stations, pourrait permettre à des automobilistes de trouver du carburant autour de 1,50 € le litre dans certaines zones. Toutefois, ce calcul dépend des prix locaux et n'est pas garanti partout.
Mesures complémentaires et réactions
Le gouvernement prévoit aussi un volet pour les petites stations rurales, souvent pénalisées par des tarifs plus élevés: une aide pouvant aller jusqu'à 4 500 euros serait attribuée à ces points de vente afin d'inciter une baisse du prix affiché. L'opposition de gauche a rappelé que la remise uniforme profite à tous, indépendamment des besoins, et que beaucoup d'automobilistes n'ont pas accès aux stations concernées par les promotions des grands groupes.
De leur côté, certaines enseignes multiplient les opérations ponctuelles. Le groupe E.Leclerc, par exemple, a annoncé qu'il vendrait le carburant à prix coûtant dans ses 696 stations du 28 au 30 juillet, lors du grand chassé-croisé estival, une action destinée à soulager temporairement les ménages.
Effets attendus et enjeux
Cette montée de la ristourne vise à faire retomber la pression sociale liée à la hausse des prix à la pompe et à réduire le coût du transport pour les ménages. Les éléments à surveiller :
- l'évolution des cours internationaux et des marges des distributeurs, qui peuvent limiter l'effet réel de la remise ;
- la répartition géographique du bénéfice: zones urbaines vs zones rurales et accès aux stations pratiquant des remises privées.
Des économistes avertissent qu'une hausse des cours à la rentrée pourrait réduire l'impact affiché de la mesure. Enfin, le financement et la mise en œuvre administrative restent des points clés pour garantir que l'aide soit rapidement visible sur les pompes et compréhensible par les consommateurs.
En résumé, la remontée temporaire de la ristourne à 30 centimes est une réponse immédiate du gouvernement aux tensions sur les prix du carburant, accompagnée de mesures ciblées pour les stations rurales et d'initiatives commerciales d'enseignes privées. Mais son efficacité réelle dépendra des prix mondiaux, des pratiques des distributeurs et de l'accès local aux offres.







