La nouvelle équipe municipale de Chauvigny se mobilise pour lutter contre la vide commerciale. En réorganisant le marché et en explorant de nouveaux outils, elle souhaite ramener la dynamique et les clients au centre de la ville.
Lors de notre rencontre, nous avons échangé avec Isabelle Bordier, adjointe au maire en charge de l’économie, qui a récemment rencontré des commerçants associés à la première guinguette chauvinoise qui ouvrira bientôt. Pour elle, cet événement représente un « exemple de notre démarche : expérimenter de nouvelles idées en collaboration avec les acteurs locaux ». Ancienne élue d’opposition (1), elle se fixe comme objectif de « revitaliser un centre-ville qui est resté stagnant ces dernières années ». Les principes directeurs sont déjà énoncés dans le programme de la liste menée par Virginie Puchaud-Giraudeau et serviront d'orientation.
Un premier dossier avec l’ancienne quincaillerie Magnon
La priorité est de s’attaquer aux vitrines vides, « malgré l'absence d'un chiffre précis sur la vacance commerciale ». Le premier dossier à traiter concerne l'ancienne quincaillerie Magnon, fermée depuis 2022, rue du Marché. « Nous avons rencontré l’investisseur qui a acquis ce bâtiment et a déposé un permis de construire pour des commerces et des logements au-dessus. Actuellement, nous attendons une réponse de l’Agence nationale d’amélioration de l’habitat. Nous souhaitons faire avancer ce dossier », confirme Isabelle Bordier. Ce site stratégique est essentiel pour le plan de reconquête « des commerces animés, c’est ce dont Chauvigny a besoin ».
Encouragement à de nouveaux commerçants
Une autre initiative consiste à offrir des espaces à des primo-commerçants sous forme de boutiques éphémères. « Nous allons nous entretenir avec les propriétaires pour discuter des loyers commerciaux. De plus, nous envisageons des outils juridiques permettant à la collectivité d'intervenir dans le domaine commercial », déclare l’élue. La ville suggère également d'instaurer « une charte des façades » et de mener des réflexions autour de l’urbanisme et de la circulation.
Un comité consultatif
Concernant l'organisation du marché, il y a également un besoin de rétablir un équilibre avec le commerce sédentaire. « Il est nécessaire de repenser le cadre du marché pour obtenir une synergie », souligne-t-elle. Dans cette optique, un comité consultatif du commerce a été constitué, comprenant différents acteurs locaux : « Notre but est de réviser le règlement du marché, de questionner la délégation de service public et d’imaginer des animations, en intégrant davantage les commerces du centre-ville ».
Enfin, Isabelle Bordier ambitionne d'introduire un « manager du commerce », dont la mission s'étendra à la ville de Lusignan dans le cadre du programme Petites villes de demain. Cette personne serait chargée de procéder à un état des lieux sur la vacance commerciale et d'anticiper les départs et transmissions de commerces.
Quel développement économique ?
Bien que le commerce soit de la compétence de la commune, le développement économique tombe sous la responsabilité de la communauté urbaine de Grand Poitiers. « C’est à cette échelle que se décide le devenir des zones économiques Planty 1, 2 et 3, qui sont principalement dédiées à l’artisanat et aux PME à vocation industrielle », explique Isabelle Bordier. « Nous allons collaborer avec Grand Poitiers pour identifier des opportunités. Nous sommes déjà informés de l’intérêt d’une entreprise de logistique ». La priorité reste, bien sûr, de soutenir et d’amplifier l’emploi local.







