Alors que la colère des agriculteurs gronde en France, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'apprête à recevoir, les 5 et 6 janvier, divers syndicats agricoles dans l'espoir d'apaiser les tensions. Après une période d'accalmie pendant les fêtes, les producteurs annoncent une nouvelle mobilisation, revêtant un caractère urgent alors que la crise agricole se renforce.
Parmi les enjeux clés, la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui affecte les bovins, les prix fluctuants des produits agricoles, ainsi que l'impact d'une concurrence accrue des pays du Mercosur, sont au cœur des préoccupations. Selon des données récentes, une vaccination massive a été initiée dans le Sud-Ouest, mais seuls 74,7 % des bovins étaient vaccinés au 4 janvier, ce qui laisse craindre une propagation continue de la maladie.
Dans une lettre ouverte, Lecornu a pris la parole pour exprimer sa compréhension des frustrations croissantes, évoquant un sentiment d'injustice et d'accumulation de règles contraignantes. Il a promis des « mesures » tout au long du mois de janvier, insistant sur une « approche plus fermée et offensive » face à l'Union européenne. Les agriculteurs demandent la suspension des importations de produits qui ne respectent pas les normes européennes, un sujet qui a été pris en main par le gouvernement avec un arrêté prévu pour empêcher l'importation de fruits et légumes contenant des fongicides interdits.
Les réactions des syndicats ne se sont pas fait attendre. La FNSEA a qualifié ces promesses de « insuffisantes », réclamant une « loi d’exception agricole » pour simplifier les règles et relancer la production. « Une absence de vision : ça n'aide pas notre situation », a déclaré un porte-parole du syndicat. Pendant ce temps, la Coordination Rurale continue de mobiliser ses membres, menaçant de passer à l'action directe si des résultats tangibles ne sont pas obtenus rapidement.
Il est à noter que le Ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a également exprimé son soutien face à ces préoccupations, ajoutant que le gouvernement doit atténuer les impacts de la réglementation sur le terrain. Les producteurs espèrent qu'un dialogue constructif avec le gouvernement pourra conduire à des solutions durables qui répondent aux défis actuels de l'agriculture française.







