"C'est un mauvais procès". Face à une baisse de 20% de ses ventes, le président du groupement Les Mousquetaires a ciblé les pratiques erronées qu'on lui impute. Sur BFMTV, il a affirmé que les grands distributeurs n'ont pas abusé de la situation actuelle, contrairement à ce que pensent certains observateurs. Les fluctuations des prix sont principalement liées aux tumultes géopolitiques au Moyen-Orient.
"Pour un distributeur comme Intermarché, le carburant est un produit d'appel", a-t-il précisé. Actuellement, les marges sur le carburant oscillent autour de 3-4 centimes. Cotillard a fait savoir que le gasoil était proposé à 2,20 euros le litre et l'essence à 2,01 euros, une augmentation de 47 centimes depuis le début des hostilités au Moyen-Orient. Ces hausses ne se traduisent pas par des profits colossaux pour la chaîne de distribution, plutôt par une gestion des ressources avec une volonté de maintenir des prix accessibles.
Des boucs émissaires à la recherche de solutions
Thierry Cotillard a aussi souligné que seuls 6% des contrôles ordonnés par le gouvernement avaient conduit à des sanctions, ce qui laisse supposer qu'il n'y a pas eu d'abus généralisé dans le secteur. "Il était plus simple de pointer du doigt les distributeurs", a-t-il ajouté, notamment en réponse à la pression politique face à un déficit public record.
Bien qu'aucune baisse d'impôts ne soit envisageable dans l'immédiat, le gouvernement a mis en place des aides ciblées à hauteur de 70 millions d'euros pour soutenir les secteurs les plus touchés par les augmentations des coûts. Cependant, Cotillard rappelle que cette somme reste insuffisante, estimant que des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires à l'avenir.
Réduction des prix alimentaires en réponse à l'inflation
Pour compenser ces hausses, Intermarché a décidé de baisser les prix de 1.500 produits de première nécessité de 5 à 15%. "Ces baisses visent à soulager les consommateurs face à la pression inflationniste engendrée par la hausse des prix du carburant", a précisé Cotillard. Des produits comme l'eau, le jambon et les pâtes seront concernés par ces réductions.
Les comportements d'achat révèlent aussi une tendance à la précaution parmi les consommateurs. Loin d'impliquer une réelle crainte de pénurie, ces achats sont davantage motivés par une volonté de limiter les déplacements, selon le président d'Intermarché. Les premiers jours de crise ont vu une montée des ventes de carburants, mais ces dernières ont depuis diminué de 20%. La grande distribution est donc confrontée à des défis uniques en cette période d'incertitude économique.







