Les deux hommes, Pascal Galéoté, secrétaire du Comité social et économique (CSE) depuis 2015, et Bernard Cristalli, son trésorier de 2014 à 2022, ont comparu devant le tribunal correctionnel pour des faits d'abus de confiance. Les autorités les accusent d'avoir illégalement utilisé 264.833 euros de cette instance, fond destinée à financer des projets culturels et sociaux pour les employés.
Le procureur a également requis des amendes de 5.000 euros et 3.000 euros, ainsi qu'une période de cinq ans d'inéligibilité, et a demandé la publication de la condamnation sur le site officiel du GPMM pendant un mois.
Un rapport alarmant de la Cour des comptes
Cette affaire, qui inquiète la CGT, le premier syndicat du port, a été mise en lumière grâce à un rapport de la Cour des comptes publié en 2020, qui a promptement alerté le parquet sur cette situation. C’est un syndicat minoritaire, Force ouvrière, ainsi que sept anciens employés du GPMM, qui se sont portés partie civile.
Le tribunal a entendu des témoignages de dizaines de syndicalistes en colère, dénonçant ce qu'ils qualifient de quête de « criminalisation syndicale ». Selon la présidente du tribunal, le détournement comprend des dépenses variées telles que des frais de restauration, des achats de matériel de bureautique, ainsi que des frais de transport.
Des dépenses controversées
Parmi les dépenses incriminées figurent plusieurs achats controversés, y compris douze ordinateurs, quatorze smartphones, plus de 98.000 euros dépensés dans des restaurants, et d’autres frais liés à des événements pour le CSE. Cristalli a par exemple justifié une facture de 75 euros pour un bar à cocktails à Paris, expliquant qu'elle était liée à des activités de « cohésion ». Cependant, ces actions sont contestées par d'autres syndicats.
Galéoté a tenté de se défendre en parlant des nombreux « réunions nécessaires et la technologie requise pour prendre des notes ». De plus, il a mentionné que 50.000 euros avaient été dépensés pour des frais de déplacement, ostensiblement pour permettre aux adhérents de manifester à Paris contre la Loi travail. La défense insiste sur le remboursement de ces frais par la CGT dans un souci de transparence.
Cette situation a suscité des interrogations quant à l'utilisation des ressources du GPMM. Les représentations des deux hommes vont probablement continuer à alimenter les débats dans les jours à venir, alors que la CGT organise des mouvements de soutien.







