Une impasse persistante entre Washington et Téhéran : le détroit d'Ormuz au cœur des tensions

Les discussions entre les États-Unis et l'Iran n'ont toujours pas débloqué la situation au Moyen-Orient.
Une impasse persistante entre Washington et Téhéran : le détroit d'Ormuz au cœur des tensions
©ATTA KENARE, AFP - Des véhicules passent devant un immense panneau d'affichage sur lequel est écrit "Le détroit d'Ormuz reste fermé", sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026,

Les initiatives pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient sont au point mort. Mardi, les États-Unis ont exprimé un scepticisme manifeste envers la nouvelle proposition de Téhéran pour débloquer le détroit d'Ormuz, actuellement quasiment paralysé.

La réouverture de ce passage maritime crucial, essentiel au commerce de pétrole et de gaz, représente un enjeu majeur pour un accord durable, qui fait suite aux frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février dernier.

Bien qu'un cessez-le-feu soit en vigueur depuis trois semaines, le détroit reste sous le contrôle de Téhéran, tandis que Washington maintient son blocus des ports iraniens et que les négociations semblent stagner.

« Nous ne considérons pas la guerre comme terminée », a affirmé Amir Akraminia, porte-parole de l'armée iranienne, lors d'une interview télévisée.

- Une pression croissante -

Une nouvelle proposition iranienne a été discutée à Washington par Donald Trump et ses conseillers en sécurité nationale. Selon des informations de CNN et du Wall Street Journal, le président aurait laissé entendre qu'il est peu probable qu'il accepte cette offre.

Téhéran a appelé les États-Unis à abandonner leurs « exigences illégales », déclarant que Washington n'est plus en position de dicter sa politique à des nations souveraines.

Selon l'agence officielle iranienne Irna et le site Axios, la proposition vise non seulement à rouvrir le détroit et mettre fin à la guerre, mais également à discuter du dossier nucléaire à une date ultérieure.

Le Parlement iranien envisage de soumettre le détroit au contrôle des forces armées, d'interdire le passage de navires israéliens et d'imposer des droits de passage en rials.

Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a riposté sur Fox News, déclarant : « Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système où ils décideraient qui peut utiliser une voie maritime internationale. »

D'après le centre d'analyse américain Soufan, les dirigeants iraniens estiment que la montée des prix du pétrole et les conséquences des pénuries mondiales mettent Trump sous pression, l'incitant à envisager un règlement qui s'éloignerait de l'exigence d'une « capitulation inconditionnelle ».

De son côté, Trump et son équipe parient, à tort d'après de nombreux analystes, sur le fait qu'un renforcement du blocus américain sur les ports iraniens incitera le régime à accepter les conditions des États-Unis.

Trump a vivement critiqué le chancelier allemand Friedrich Merz pour ses commentaires sur l'Iran, affirmant qu'il ne savait pas de quoi il parlait.

Merz avait déclaré que les États-Unis « n'avaient visiblement aucune stratégie » face à Téhéran et que l'Iran « humiliait » la première puissance mondiale.

L'armée américaine a rapporté avoir arraisonné et libéré un navire marchand en mer d'Arabie, soupçonné de tenter de violer le blocus. Depuis l'instauration de ce blocus le 13 avril, 39 navires ont été interceptés.

La paralysie du détroit a de lourdes conséquences sur l'économie mondiale, le prix du baril de Brent atteignant 111,26 dollars mardi.

- Un conflit gelé? -

Face à cette impasse, le Qatar a exprimé des inquiétudes concernant un « conflit gelé » dans le Golfe. Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a dénoncé les « attaques flagrantes » de l'Iran et a demandé à Téhéran de prendre des initiatives sérieuses pour rétablir la confiance.

La guerre a déjà causé des milliers de morts, notamment en Iran et au Liban. Un drame marquant a été le bombardement de l'école de Minab en Iran, qui a fait 155 victimes, dont 120 enfants, selon un bilan révisé par la télévision d'État.

Sur le front libanais, Israël, en conflit avec le mouvement Hezbollah soutenu par l'Iran, a mené des frappes ayant coûté la vie à huit personnes, y compris trois membres de la Défense civile, tout en blessant deux soldats libanais.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré que son pays n'avait « aucune visée territoriale » au sud du Liban, bien qu'une présence militaire israélienne y demeure, malgré des accusations de violations de la trêve.

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