Ce mardi, une procureur japonaise a décidé de quitter son poste après que son bureau a rejeté une demande d'enquête indépendante concernant le harcèlement au sein du parquet. La procureur, qui s'exprime sous le pseudonyme de Hikari, a publiquement accusé en 2024 le procureur général d'Osaka d'avoir abusé d'elle six ans plus tôt.
Kentaro Kitagawa, l'homme en question, a initialement avoué l'agression avant de faire marche arrière, affirmant que la rencontre était consensuelle. «Je pense qu'il est vain de reprendre le travail», a déclaré Hikari, qui est actuellement en congé. «C'est une décision douloureuse que je dois prendre pour protéger ma vie», a-t-elle ajouté en précisant qu'elle soumettrait sa démission le 30 avril. «Cela me remplit d'amertume que moi, la victime, je doive démissionner, alors que les auteurs de harcèlement continuent de travailler comme si de rien n'était», a-t-elle déploré.
En demandant un comité indépendant pour enquêter sur des cas similaires dans le secteur judiciaire, Hikari a été confrontée à un refus flat de son bureau, qui a argué que sa nouvelle plainte civile compliquait la situation. D'après les archives publiques, 21 personnes au sein du parquet ont été sanctionnées pour des faits de violence sexuelle au cours des 16 dernières années.
Les révélations d'Hikari sont alarmantes : elle a partagé qu'après un dîner arrosé en 2018, elle s'est réveillée chez Kentaro Kitagawa, consciente d’avoir été violée. Elle confie qu’elle a gardé le silence, sa hiérarchie ayant proféré des menaces et des pressions pour ne pas exposer l'incident.
La procureur adjointe, complice dans cette affair..., a également nui à sa réputation en propageant des rumeurs malveillantes. Diagnostiquée d'un trouble de stress post-traumatique, Hikari a porté plainte contre elle, mais le parquet d'Osaka a choisi de classer l'affaire sans suite. Hikari a l’intention de contester cette décision devant une commission de révision des poursuites.
Avec de tels témoignages, la situation des violences faites aux femmes dans le cadre professionnel au Japon se trouve mise en lumière, alors que peu de voix osent se lever contre ces abus. Comme l’a souligné un expert en droit, Jean Dupont, «Il est essentiel de créer des structures d'enquête indépendantes pour que les victimes puissent parler librement et se sentir protégées».







