Chars Abrams, Leopard, blindés AMX-10RC et VAB : ces véhicules militaires capturés lors des combats en Ukraine ont été mis en avant lors de l'inauguration du nouveau « musée des opérations militaires étrangères » à Pyongyang, ce dimanche.
Ce tournant historique s'éloigne du passé où la Russie évitait d'aborder l'engagement des soldats nord-coréens dans des conflits tels que la bataille de Koursk. Au cours de l'été 2024, une percée ukrainienne dans cet oblast frontalier avait été suivie d'une contre-offensive russe, soutenue par quatre brigades nord-coréennes, dont le déploiement pourrait être officialisé en 2025. Les sources occidentales, comme le renseignement sud-coréen, estiment les pertes nord-coréennes à 2000 sur 12 000, un chiffre que le régime de Kim Jong-un préfère omettre dans sa propagande.
L'inauguration du musée, qui a eu lieu en présence de dignitaires russes, symbolise cette nouvelle alliance formaliser au travers du « traité de partenariat stratégique global » signé en juin 2025. Ce traité insiste sur une défense mutuelle, un parallèle à l'article 5 de l'OTAN. Kim Jong-un a utilisé cet événement pour faire la promotion de l'héroïsme de ses troupes, diffusant à la télévision d’État des images de « batailles héroïques » qui ont profondément touché le public, selon l'agence KCNA.
Le spectacle notoire a été ponctué de festivités incluant un concert et un défilé aérien, tandis que les autorités nord-coréennes exposaient des chars Abrams et Leopard, ainsi qu’un AMX-10RC français avec les marques de leur capture, bien que certains de ces équipements aient été pris par les forces russes et non directement par les nord-coréens. Ce constat illustre à quel point la propagande est façonnée dans un contexte de tension géopolitique croissante.
Alors que les forces nord-coréennes demeurent encore discrètes dans le conflit ukrainien, leur implication en Russie, notamment en déminage et en logistique, soulève des questions sur l’étendue de leur rôle futur. Kim Jong-un a récemment affirmé, lors de rencontres avec des hauts dirigeants russes, que son pays soutiendrait sans réserve les efforts de la Russie pour préserver sa souveraineté nationale. Ce nouvel épisode dans les relations entre Pyongyang et Moscou met en lumière une dynamique complexe entre les nations, à mesure que le monde assiste à une réorganisation des alliances militaire sur fond de conflits contemporains.







