Les relations entre le Hezbollah et l'État libanais prennent une tournure explosive. Le vice-président du "parti de Dieu", Naïm Kassem, critique vertement le gouvernement pour ses négociations avec Israël, qu'il qualifie de "soumission". En réponse, le président Joseph Aoun accuse l'organisation chiite de "trahison" et de compromettre la souveraineté du Liban au service des intérêts iraniens. Le quotidien libanais L’Orient-Le Jour parle d'une "rupture assumée" entre ces deux entités.
Dans un discours diffusé sur la chaîne Al-Manar, Kassem a dénoncé les discussions avec l'État hébreu comme une "concession gratuite, humiliante et sans nécessité". Il a également exhorté le gouvernement à rectifier ce qu'il décrit comme des "erreurs graves", qui pourraient plonger le Liban dans un nouveau cycle de troubles.
Le climat politique est palpable, avec des attaques sévères lancées contre le président Aoun, le comparant même à l'ancien président égyptien Anouar El-Sadate, assassinée après avoir signé un traité de paix avec Israël, d'après des sources proches du Hezbollah.
Une ligne de fracture profonde
Aoun, pour sa part, répond à ces accusations sans mentionner directement le Hezbollah, en déclarant que "la véritable trahison est celle qui entraîne le pays dans des conflits pour des intérêts extérieurs". Cette déclaration survient après que le Hezbollah a intensifié ses activités militaires, notamment par des tirs de roquettes sur Israël, en réponse à l'élimination d'un figure de proue iranienne.
Les tensions s'ancrent dans un contexte géopolitique complexe. L'agence de presse française AFP rapporte que le Premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a récemment déclaré que la menace du Hezbollah nécessitait une réponse militaire permanente, malgré un cessez-le-feu prolongé observé au Liban.
Ensemble, ces événements suggèrent un tournant potentiel dans les relations libano-israéliennes, alors que les pressions internes et externes continuent de s'intensifier. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a également exhorté le Liban à prendre des mesures "décisives" contre le Hezbollah et son arsenal militaire.
Avec des idéologies diamétralement opposées et des intérêts régionaux en jeu, le Liban se trouve à un carrefour critique. Comme l'indique L'Orient-Le Jour : "Ce n’est plus un désaccord. C’est un face-à-face, et peut-être, un début de basculement".







