Lessive, riz, produits surgelés... À partir du 1er juillet, les supermarchés devront signaler clairement les produits dont la quantité a été diminuée sans baisse de prix, voire ayant subi une augmentation. Ce phénomène, appelé shrinkflation, trompe de nombreux consommateurs. C'est l'heure des explications.
Payer davantage pour une quantité inférieure ? Ce n'est pas qu'une simple impression, mais un constat amer pour de nombreux consommateurs lors de leurs courses. Face à la hausse générale des prix qui pèse sur le pouvoir d'achat, une pratique commerciale douteuse s'est infiltrée discrètement dans les rayons : la shrinkflation, ou réduflation en français. Ce phénomène désigne la stratégie des producteurs qui réduisent délibérément le volume d'un produit tout en maintenant son prix, voire parfois en l'augmentant. Cela touche divers secteurs, des produits alimentaires (riz, aliments surgelés, céréales...) aux boissons (canettes de soda) et aux produits d'hygiène (comme la lessive), rendant souvent la détection de ces manœuvres presque impossible.
Récemment, l'ONG Foodwatch a dénoncé des grandes marques telles que Lindt et Danone, qui ont réduit la taille de leurs emballages tout en augmentant les prix. Carrefour a également été critiqué par l'association 60 millions de consommateurs pour avoir diminué le contenu d'un sachet de sucrines sans ajuster le prix. Cependant, une lueur d'espoir se profile : à partir du 1er juillet, ces pratiques devront être affichées de manière visible.
shrinkflation : les nouvelles règles dès le 1er juillet
Le 16 avril dernier, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, a signé un arrêté pour réglementer cette pratique jugée trompeuse par le ministre. Cette mesure, qui entre en vigueur au 1er juillet, obligera les grandes et moyennes surfaces à informer clairement les consommateurs sur les produits dont le poids ou le volume a diminué, entraînant une hausse de prix à l'unité.
Cette information devra être présentée sous forme d'affichette et être placée à proximité des produits concernés pendant deux mois après leur sortie, qu'ils appartiennent à des marques nationales ou des marques de distributeurs. Des articles tels que les piles et les chewing-gums seront concernés, mais les produits en vrac ou les préparations dont la quantité varie ne seront pas soumis à cette obligation.
Les consommateurs pourront ainsi comparer les marques en prêtant attention au prix au kilo avant de finaliser leurs achats. Quelle sera la prochaine étape pour le gouvernement ? Analyser le phénomène émergent de la stretchflation—où les industriels augmentent la quantité mais à un prix souvent excessif.







