Le 29 mai 2026, la disparition tragique de Lyhanna, une collégienne de 11 ans à Fleurance, soulève de vives inquiétudes sur la capacité du système judiciaire à protéger les mineurs. Jérôme B., le principal suspect, a été mis en examen pour son enlèvement, mais son parcours judiciaire marquant suscite des interrogations. Anciennement sous le coup de plaintes pour viol sur mineure, dont une en août 2025, il avait pourtant été mis en liberté, révélant ainsi les failles d'un processus judiciaire déjà engorgé.
Alors qu’un corps, probablement celui de la fillette, a été retrouvé le 2 juin, les autorités se trouvent confrontées à des critiques virulentes. La lenteur des transferts d’informations entre départements et la carence de moyens sont dénoncées par des professionnels. Selon Aurélien Martini, procureur adjoint, ce retard dans le traitement des plaintes est malheureusement fréquent : « Chaque jour, plusieurs affaires similaires sont déposées, mais les ressources manquent pour les traiter rapidement », déplore-t-il. Cette situation est également corroborée par des experts de la Fédération France Victimes, qui appellent à une réforme nécessaire du système.
La lenteur a conduit à une inaction de plusieurs mois, faisant de Jérôme B. un voisin insoupçonné, vivant à proximité des familles sans que quiconque ne se sente alerté. Les services judiciaires doivent aujourd'hui faire face à la nécessité de revoir leurs méthodes de travail. Dans une enquête administrative actuellement en cours, toutes les actions menées sont examinées pour déterminer s’il y a eu défaillances. On se demande s'il aurait pu être arrêté plus tôt, avant que le drame ne se produise.
En attendant, la voix des victimes reste difficile à entendre. Anne-Sophie Gavriloff, porte-parole de la Fédération France Victimes, explique que « les victimes hésitent souvent à parler à cause de la peur et de la honte ». Des solutions doivent être mises en place pour améliorer la communication entre les différents acteurs de la justice afin de protéger efficacement les enfants. Face à cette situation alarmante, le garde des Sceaux a été interpellé sur l'organisation d'un Grenelle des mineurs victimes, un projet qui pourrait offrir une meilleure réponse face à ces drames.







