Le gérant de l'exploitation viticole Grand Barrail à Saint-Magne-de-Castillon a comparu libre devant le tribunal correctionnel de Libourne ce mercredi 10 juin. Les événements tragiques se sont déroulés le 22 octobre 2024, lorsqu’un quinquagénaire a été découvert sans vie dans une cuve. À 10h30, les gendarmes et les pompiers ont été appelés pour secourir la victime, piégée par une grave concentration de dioxyde de carbone. Malheureusement, malgré leurs efforts, il était trop tard pour réanimer l’ouvrier, dont l’autopsie a révélé une mort par asphyxie due à l’inhalation de ce gaz, un danger bien connu dans le milieu viticole.
Le procès a mis en lumière des pratiques de sécurité controversées. Le gérant a présenté, devant le tribunal, les mesures de précaution prises, notamment un test à la bougie pour détecter les gaz et l’installation d’un système de ventilation. Cependant, des experts de la Mutualité sociale agricole (MSA) ont rapidement contesté l’efficacité de cette méthode, la qualifiant de peu fiable face aux règles strictes de sécurité recommandées. Ce test à la bougie, bien que traditionnel, a suscité des critiques concernant la suffisance des mesures mises en œuvre sur le site.
L’avocat de la défense a plaidé pour la relaxe, invoquant le flou des consignes émises par la MSA. D'un autre côté, les représentants des parties civiles n'ont pas mâché leurs mots, soulignant un enchaînement d’erreurs ayant conduit à la mort d'un homme de 57 ans. L'absence de déclaration de l’employé par son employeur a été particulièrement mise en avant. Le procureur a également souligné les insuffisances des pratiques de sécurité en place, tout en reconnaissant la bonne foi du gérant. Il a requis une peine de douze mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende, dont 4 000 avec sursis. La décision sera rendue le 15 juillet.
(1) À noter, qu'il ne faut pas confondre avec le château-hôtel Grand Barrail à Saint-Émilion.







