Lors de l'audience solennelle de première rentrée du tribunal judiciaire de Bordeaux, ce vendredi 23 janvier, les responsables judiciaires ont fait un bilan de l'année 2025 et abordé les perspectives futures. Le procureur de la République, Renaud Gaudeul, a déclaré devant une assemblée de personnalités, dont le préfet Étienne Guyot, que l'année écoulée avait été riche en enseignements, tout en soulignant un échec préoccupant : la persistance des violences à l'égard des femmes.
Avec quatre féminicides en 2025, « une année sombre pour la Gironde », a-t-il déploré, rappelant que ces tragédies avaient toutes été marquées par des alertes qui avaient été mises de côté. Le procureur a souligné qu'il était essentiel de changer les mentalités ancrées dans des stéréotypes masculinistes. La nécessité d'un meilleur accompagnement des victimes de violences intrafamiliales a été réitérée par la présidente du tribunal judiciaire, Emmanuelle Perreux, qui a mis en avant l'importance de renforcer les moyens d'écoute et de soutien.
Une impulsion pour 2026
Pour l'année 2026, Renaud Gaudeul vise à poursuivre les efforts en matière de prévention et de répression des violences. Avec une augmentation marquée des procédures concernant des violences intrafamiliales, passant de 2,700 en 2019 à 7,000 en 2025, la mise en place de 200 téléphones « grave danger » montre une véritable volonté d'agir. Cette initiative place Bordeaux en tête, devant des villes comme Paris.
En matière de politique pénale, l'année 2025 a vu une poussée alarmante du narcotrafic, avec l’arrivée massive de cocaïne. « L’invasion de cocaïne sur notre territoire est une réalité », a souligné Gaudeul, déclarant que des efforts accrus pour contrer cette intrusion étaient indispensables. En parallèle, le nouveau Comité opérationnel de lutte contre le blanchiment, créé avec le préfet, a pour but de renforcer cette lutte sur tous les fronts.
« Il est temps de développer des sanctions qui soient bénéfiques pour l'État tout en s'attaquant directement aux circuits de blanchiment. »
Emmanuelle Perreux a également exprimé le besoin de juger les affaires pénales dans des délais acceptables et de réduire le nombre de cas en attente. Cette volonté commune de réformer et d’améliorer l’accueil des victimes est cruciale dans un contexte où les brutalités infligées aux femmes continuent d'augmenter. Les voix qui s'élèvent pour un changement sont plus que jamais nécessaires pour briser le cycle de la violence.







