L’atmosphère était tendue lorsque les trois hommes accusés sont apparus dans la salle d’assises. La colère s’est rapidement exprimée parmi les proches de la victime, faisant craindre des débordements. Nicolas Holderbaum, 71 ans, le plus âgé des trois, est le seul à comparaître libre, protégé par une escorte policière.
Le président du tribunal, Franck Wastl-Deligne, a dû rappeler à l’ordre les personnes présentes, menaçant d'expulser ceux qui ne respecteraient pas l'intégrité du procès. Malgré cela, la douleur était palpable, visible sur les visages des proches d'Antonio Delorme, qui a été victime d’une violente agression nocturne à Rochefort.
Ces proches, près de soixante-dix en tout, ont arboré des t-shirts portant l'inscription « Justice pour Antonio », rendant hommage au père de famille décédé à 40 ans. À l’inverse, aucun soutien n’a été observé pour les accusés.
Une famille sous le choc
Le premier jour a essentiellement été consacré à l'examen des antécédents des accusés. Les frères Bourget proviennent également de la communauté des gens du voyage et sont issus d’une famille soudée.
David Bourget, 37 ans, père de trois filles et déjà condamné à maintes reprises pour des délits, est soupçonné d'avoir porté les coups mortels. Bien qu’il nie les accusations, son ADN a été découvert sur la victime. Des témoins anonymes affirment l'avoir vu frapper Antonio, une allégation qu'il conteste.
« Si j'avais su que cela se passerait si mal en prison, j'aurais évité certaines choses », a-t-il déclaré aux enquêteurs.
Moïse Bourget, son frère de 40 ans, partage également des antécédents criminels et emploie des stratagèmes pour tenter de se défendre. Désireux de rester à l'abri des tensions en prison, il est également en attente de nouvelles de sa famille.
Nicolas Holderbaum, quant à lui, est soupçonné d'avoir tenté de dissimuler des preuves pour protéger ses beaux-fils, un geste qui a conduit à une année d'incarcération provisoire.
Une soirée tragique
Le procès se concentrera certainement sur la nuit tragique du 20 août, lors de laquelle Antonio a été frappé et retrouvé dans un état critique. L’autopsie a révélé des blessures graves, laissant penser à une agression particulièrement violente. Les témoins se sont montrés réticents, aucune version des faits ne semblant s'accorder.
Le procès se poursuivra avec l’examen des preuves et testimonies, une attente de vérité pour tous les proches de la victime. Le verdict est prévu pour le 26 février.







