Le parquet national antiterroriste a annoncé ce mercredi le placement en garde à vue de quatre individus, dont trois sont des détenus de la prison de Longuenesse, située près de Saint-Omer. Ces arrestations s'ajoutent à celles de deux frères interpellés mardi matin à proximité du centre pénitentiaire, comme le rapportent nos confrères de l'AFP.
Ces suspects sont accusés d'« association de malfaiteurs terroriste criminelle » et de « détention d'arme de catégorie B en lien avec une activité terroriste ». L'enquête s'est étendue à d'autres infractions, telles que « remise d'objet illicite à un détenu » et « survol par aéronef de zones interdites ». Les enquêteurs établissent un lien avec des survols de drones observés deux heures avant les arrestations, lors desquelles un véhicule contenant une arme à feu chargée, d'acide chlorhydrique, d'aluminium pour la fabrication d'explosifs et un drapeau de l'État islamique a été découvert.
Les nouveaux gardés à vue comprennent trois détenus et un proche des frères arrêtés. Chez ce dernier, les enquêteurs ont trouvé une seconde arme à feu et des munitions, renforçant les craintes concernant la sécurité au sein et autour de l'établissement pénitentiaire.
Tensions persistantes dans les établissements pénitentiaires
La situation à Longuenesse est d'autant plus préoccupante que, selon la CGT pénitentiaire, l'établissement souffre d'un manque d'effectifs, avec 25 surveillants manquants sur 200 prévus. Une représentante du syndicat a déclaré : "C'est très difficile à gérer puisque cela engendre des heures supplémentaires épuisantes pour nos collègues. Travailler dans de telles conditions est devenu très compliqué." Elle recommande l'installation de scanners corporels, malgré leur coût élevé.
Les survols de drones constituent également un souci majeur à Longuenesse, se produisant plusieurs fois par jour. "Nous avons l'impression d'être constamment en retard face à la technologie. Lorsqu'un drone survole le site, une alarme se déclenche", a ajouté une élue CGT. De nombreuses arrestations ont été réalisées dans le cadre de ce phénomène inquiétant.
Aujourd'hui, les menaces pèsent sur l'ensemble des établissements pénitentiaires. Comme l'indique un responsable syndical : "Qui aurait cru que nous intercepterions des individus armés, dotés d'acide et d'aluminium près de Longuenesse ? Le personnel est inquiet et s'interroge sur sa sécurité." Ce climat de tension appelle à une nécessaire réflexion sur la sécurité dans nos prisons et au-delà.







