Lors d'une audience à Strasbourg, les réquisitions ont été prononcées : quatre mois de prison avec sursis sont demandés contre une femme de 62 ans inculpée d'avoir tué un lynx, une espèce strictement protégée, à coups de bâton. La représentant du parquet, Priscille Cazaux, a insisté sur le fait que la "légitime défense" ne s'appliquait pas dans ce cas, soulignant que "on ne peut pas tuer un animal pour en sauver un autre".
Les faits se sont déroulés le matin du 18 octobre 2024 à Niederbronn-les-Bains, charmant bourg alsacien. Alertée par des cris, la prévenue s'est précipitée dans son jardin où l'une de ses cinq poules – prénommée Marie-Thérèse – était attaquée. Dans une tentative désespérée de protéger son animal, elle a frappé le prédateur qu'elle a pris pour un chat.
Des blessures mortelles
Après avoir alerté les autorités, un spécialiste du lynx de l'Office français de la biodiversité (OFB) est intervenu, mais la jeune femelle lynx, âgée de quelques mois et affamée, n'a pas survécu aux graves blessures infligées, dont deux fractures au crâne. Malheureusement, la poule n'a pas survécu non plus.
Devant le tribunal, la sexagénaire s'est exprimée sur son état de panique face à la situation : "J'étais choquée, j'ai crié, mais il ne lâchait pas ma poule. J'ai frappé pour qu'il la lâche." Cette défense émotionnelle se heurte à une réalité juridique complexe.
Impact sur l'écosystème
La défense de la nature a également pris la parole au tribunal. Pauline Laizet, avocate d'associations de protection des animaux, a déclaré : "La perte d'un lynx est inestimable pour l'écosystème, car il ne reste que 150 individus dans toute la France, en danger critique d'extinction." Les lynx jouent un rôle crucial dans l'équilibre des écosystèmes, et la disparition d'un seul individu est alarmante.
Juliette Isaac, l'avocate de la prévenue, a fait valoir que sa cliente était confrontée à une "situation stressante", soulignant qu'elle avait pris le lynx pour un "gros chaton" et qu'elle n'avait pas intentionnellement cherché à nuire à une espèce protégée. La décision du tribunal est attendue pour le 20 mai prochain.







